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Nouvelle mise à jour : Les Enfers -- Tuto et Infos bâtiments à compléter avec votre aide

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 A lire, si ça vous chante...

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LoveBagels
Invité



MessageSujet: A lire, si ça vous chante...   Dim 31 Oct 2010 - 20:40

Je vous dépose ici, si vous souhaitez y jeter un coup d'oeil, une nouvelle écrite voilà un petit moment sur le thème fantasy, comme Shake & Fidgets tend vers cet univers là, voilà, si vous avez un peu de temps à perdre dans une lecture. elle fait partie d'une trilogie mais le reste est moins en rapport avec le fantasy, ceci-dit, si ça plaît, je peux rajouter les deux autres parties. C'est peut-être un peu long pour une nouvelle mais vous n'êtes pas obligés de tout lire d'un coup Smile :




Un mystère est un secret, un secret, un mystère, la forêt de Brocéliande en recèle plus d’un.
Par delà les millénaires écoulés, les originaires ont chanté ces secrets sans jamais les dévoiler, sans jamais laisser transpirer une once de ces mots magiques, souvent répétés dans le secret des antres druidiques. Tous portaient sur la paix, la guérison, le pouvoir de la sagesse ainsi que sur la mémoire des anciens. La nature est faite de tout, d’animaux, de lumières, d’amour, d’enfants mais aussi de maléfices, de dragons et de vilains bonshommes prêts à tout pour détruire la beauté dont fait étal ce monde enchanté. Les gens de cette forêt se sont édifiés contre cette brutalité, du moins ont-ils voulu le faire, mais la force a eu raison de la sagesse, détruisant tout ce qui importait au noble peuple. Les druides, les êtres les plus puissants alors, s’étaient fait enchaînés pour ne pas user de leur pouvoir, la forêt sentait ce manque car elle vivait, elle respirait au rythme de la vie donnée.
Les habitants de cette endroit vivaient en esclaves depuis que les brutes avaient pris le pouvoir, ils étaient rendus à travailler sans cesse, travailler encore et encore, et sans doute au pire travail…la destruction de la forêt.
Elle souffrait mais ne disait rien, subissant son sort, si elle s’éteignait alors le monde de Brocéliande s’éteindrait avec elle.

Tout près du ruisseau, le jeune Ilan se sentait maître de l’eau, attrapant avec une dextérité sans pareille, les petits poissons dorés qui nageaient dans le courant, il les remettait dans l’onde, car il savait qu’il ne fallait pas faire de mal à la nature, ni à l’homme car même si l’homme savait être mauvais, Ilan connaissait le moyen de l’empêcher, mais il était encore jeune…et son impatience grandissait de jour en jour, cette impatience qui le dévorait, il était prêt à tout pour arrêter la misère que subissait son peuple et sa forêt…il y arriverait.
Il entendait les arbres lui parler, quand il s’allongeait dans l’herbe des murmures lui parvenaient aux oreilles, lui disant des mots réconfortants, lui assurant que tout allait bien…alors qu’il savait très bien que rien n’allait, il ne le savait pas vraiment mais le ressentait. Le parfum d’une fleur, senti au hasard, éveilla en lui un sentiment redoutable, quelque chose dans sa tête avait fait un tour et s’arrêta tout net, ses yeux venaient de briller, d’une lueur si vive que l’eau du ruisseau en contrebas ressemblait à un miroir géant.

De l’autre côté de la rive, dans le village voisin, Maeli s’obstinait à faire damner son jeune frère. Petite brune aux cheveux longs et aux yeux couleur d’espoir. Pétillante de malice et de bonté, mais un caractère déjà  bien forgé pour son jeune âge, elle se détourna un moment du petit garçon gentiment maltraité pour s’appuyer contre un arbre…elle adorait les arbres, signe de puissance noble, de sagesse. Ce qu’elle ressentie en l’enserrant, elle ne su le décrire, comme si l’arbre centenaire venait de lui transmettre sa sagesse millénaire, son cœur battait si fort, la peur ne l’envahit pas, elle comprendrait plus tard. La seule chose dont elle était consciente c’était qu’elle avait quelque chose à accomplir…Elle projeta son regard vers  la rivière et vit celle-ci briller comme un miroir. Courant vers la maison et appelant sa Maman, criant à qui voulait l’entendre que l’eau transportait le soleil.

Quelques années passèrent, la forêt s’amenuisait, mais jamais ne se plaignait, Ilan était devenu un beau jeune homme, faisant retourner sur son passage les plus jolies filles du village, lesquelles s’escrimaient à lui faire la cour sans que celui n’y réponde d’une manière négative mais toujours d’une façon très polie. Il avait quelque chose de plus important à faire...mais était-ce le bon moment ? Profitant d’un moment d’inattention des villageois, il entra dans la maison d’un druide, celle-ci n’était plus habitée depuis de nombreuses années, depuis qu’ils étaient tous emprisonnés. Il s’asseya  sur un vieux tabouret, écarta les bras tout grand puis se mit à respirer lentement, il sentait son corps se remplir non seulement d’air mais aussi d’énergie, ses membres picotaient et de petites flammes bleues apparurent sur le bout de ses doigts, il les entendait crépiter, elles ne le brûlaient pas, ces flammes là étaient magiques, sont corps en fût recouvert entièrement et se modifia de manière significative. Il gagna en taille, en muscles, en rapidité et en force. A la suite de cela, il s’endormit d’un profond sommeil duquel il fût tiré par une voix.
« Ilan, mon jeune ami, mon pouvoir s’estompe, ma magie n’opère presque plus, j’ai besoin de toi »
« Qui êtes-vous ? » demanda le nouvel homme.
« Je suis l’arbre le plus vieux et le plus secret de cette forêt » répondit la voix
« Comment est-il possible qu’un arbre puisse me parler » dit Ilan surprit.
« Tu es le seul à pouvoir m’entendre, le seul à pouvoir me défendre, tu possèdes à présent le pouvoir des druides qui servira à libérer ton peuple et celui des contrées environnantes ».
Etait-ce cela qu’Ilan avait ressenti ce jour là à la rivière ? Il n’en doutait plus.
« Avant ça, dit l’arbre, tu dois trouver quelqu’un qui accomplira cette quête avec toi, je ne sais pas qui est cette personne ni où elle se trouve, je te fais confiance car je sais que tu la trouveras, mais ne perd pas de temps, il est compté ».
Ilan n’éprouva nullement le besoin de répondre tant cela s’en serai trouvé superflu. Il se leva et sorti de la maison du druide.
Par où commencer ? Se demanda t-il, qui chercher ? L’arbre était-il un élément essentiel ? Non, il trouva cela trop facile... et pourtant.

Maeli était sans aucun doute la fille la plus jolie de son village, grande, mince, des cheveux bruns si brillants qu’on les eu dit mêlés à du satin, ses yeux toujours dans l’espoir d’une couleur si unique, n’en finissaient pas de briller d’une éternelle intelligence et d’une malice à faire fuir le plus téméraire des hommes, ou de ne se faire aimer que de l’élu... Ceux-ci, dont la cour incessante ne faisait qu’envahir son espace vital, redoublaient d’invention pour obtenir ses faveurs. Mais elle n’en faisait pas cas, déclinait de la manière la plus courtoise, les assauts répétés des jolis cœurs en émoi. Elle avait quelque chose à faire de plus important ce jour là.
Elle descendit à la rivière attirée par quelques pulsions inconnues.
Son instinct la mena à l’endroit exact où se trouvait l’arbre qu’elle étreignit quelques années auparavant, celui-là même en lequel elle puisa une force de sagesse digne d’une druidesse.
Elle s’approcha de lui, fit courir ses doigt ses doigts le long de son écorce et en un instant, sa tête se mit à tourner de façon si agréable qu’elle eut l’impression d’avoir bu un verre d’alcool (celui qu’elle buvait en cachette de temps à autres chez son grand-papa), ses pensées se firent d’une clairvoyance et d’une netteté inégalées, tout était clair, elle décelait la moindre présence alentour, entendait le moindre bruit, sentais les odeurs les plus timides.

Tous ses sens étaient en éveil, le monde entier lui paraissait nouveau, elle tournait la tête à droite, puis à gauche, écoutant et entendant. Ses yeux lui brûlèrent tellement elle se sentais sensible et petite face à la plus belle des créations. Elle vient de se rappeler ce qu’il s’est passé ce jour ou elle était enfant, cette force ressentie alors. Elle vient de se développer, de s’épanouir en son être comme une sève mystique recélant toutes les bénédictions de la Terre.
Son esprit s’ouvrit et une voix pénétra à l’intérieur :
« Aide-moi je t’en prie, aide-le, il a besoin de toi et j’ai besoin de vous »
Tout d’abord troublée puis surprise, Maeli ne savait quoi faire, répondre à haute voix ? Penser ? Passer pour une hallucinée ?
« Mon temps, comme le tient et le sien est compté, ils me font du mal et je le supporterait pas longtemps, je suis le plus grand secret de la forêt de Brocéliande, retrouve la personne qui t’aidera…je vous attends, faites vite. »

La belle jeune femme s’assit un instant dans l’herbe, mis la tête dans ses bras, eux-mêmes  posés sur les genoux, pleurant des larmes de douleur, l’une d’elle vint s’écraser entre ses pieds et en un instant, une rose bleue poussa le temps qu’elle essuie ses yeux, rendu plus verts encore par les larmes. Alors elle s’arrêta de pleurer, hoqueta une fois ou deux puis s’aperçut qu’elle venait de donner la vie à une fleur si belle…Un sourire de bonheur vint se dessiner sur sa bouche, elle comprit ce qu’elle avait à faire et à qui appartenait cette voix, elle fit le rapprochement sans aucun mal.
Elle se leva d’un air décidé, sa quête venait juste de commencer.

L’énergie coulait dans ses veines.

Ilan rentra chez lui, ramassa quelques affaires, de la nourriture, de l’eau et parti sans laisser de trace, pas de mot, il ne voulait pas qu’on le suive… Il n’avait que deux idées précises en tête, trouver l’arbre et cette personne, apparemment importante, qui devait l’aider. Il parti en direction de la rivière, se disant que le point de départ de son histoire se trouvait là. Depuis sa plus jeune enfance il n’avait cessé de penser à ce jour, il savait que c’était important.
La rivière atteinte, le chemin à prendre ne s’imposait pas de lui-même, il se devait de le choisir avec le plus grand soin, qu’aurait fait le Roi Arthur en cet instant précis ? Ce bon roi qui ne cessait de combattre pour la paix… Il regrette de ne pas posséder Excalibur, cette si fabuleuse épée avec laquelle il aurait pu combattre les brutes qui opprimaient son peuple, il serra ses poings et lâcha une larme, la dernière avant que tout ne soit terminé se jura t-il.
L’arbre revint lui parler :
« Cette épée ne t’aurait point servit, je peux comprendre que tu te sentes l’âme d’un chevalier mais le fer n’a jamais été la solution aux problèmes…la magie te viendra en aide, je sais que tu crois en son pouvoir, alors fais-lui confiance. Je ne serai pas toujours là pour t’aider malheureusement. Va maintenant… »
En baissant les yeux dans le courant, il vit un petit poisson doré, le même genre de ceux qu’il attrapait jadis à mains nues…il ne bougeait pas, restait impassible face à cette imposante chose que pouvait représenter Ilan face à lui. Ilan de baissa pour le regarder de plus près, envoya la main pour l’attraper mais le petit poisson fit un mouvement, se déplaçant toujours vers le même côté et fila en remontant le courant, le jeune homme le suivit puis le perdit de vue, bah se dit-il pourquoi ne pas continuer dans cette direction après tout celle-là ou une autre…

Il faut reconnaître que quand la chance sourit, des fois on la voit la bouche fermée…

Maeli n’avait qu’une chose en tête, partir…partir accomplir ce que lui imposait de faire son cœur, son cœur si plein d’espoir, d’espoir de quoi ? À part sauver son peuple, elle ne voyait rien d’autre, c’était déjà noble, faut-il le reconnaître…elle se mit à courir en direction de la rivière, jusqu’à en perdre haleine. Elle s’accroupit un instant pour se désaltérer, se pencha, se pencha un peu plus…et vit un joli petit poisson doré, immobile dans l’onde claire, elle approcha tout doucement la main, tout doucement puis le caressa sur le flanc, le poisson ne bougea pas d’un pouce, elle fut surprise, elle qui n’avait jamais pu approcher un animal de quelque sorte que ce soit. Elle se rassit dans l’herbe puis entendit la voix lui prononcer ces mots :
« Homme, femme, magie »
Maeli se releva sans comprendre ce que ceci pouvait signifier, elle leva les yeux au ciel, le soleil était déjà haut, en regardant celui-ci, elle vit une ombre passer devant, elle cligna des yeux une fois et revit l’ombre traverser le disque solaire, ça ressemblait à un symbole mais l’aveuglante lumière l’empêchait de distinguer clairement. Tandis qu’elle ferma les yeux pour tenter de se remémorer le sigle, elle sursauta en poussant un cri quand elle senti une pression sur son épaule et en entendant se faire dire « bonjour damoiselle » elle se retourna et sans réfléchir ne seconde, gifla vivement le pauvre homme qui se tenait face à elle. « Je vous prie de bien vouloir m’excuser si je vous ai fait peur, ça n’était pas mon intention » lui dit-il en se frottant la joue.
« Intentionnel ou pas, vous n’auriez pas du faire ça, j’aurai pu vous faire mal »
« Allons, vous n’allez pas vous fâcher pour si peu, je ne voulais que vous demander mon chemin et… »
Elle l’interrompit en lui disant « Qui êtes vous d’abord ? «
« Je m’appelle Ilan, je viens du sud, j’ai remonté le rivière en suivant un petit poisson doré qui partait dans cette direction et je vous ai trouvé. » Il se sentait ridicule de dire qu’il avait suivit un poisson mais ne pu s’empêcher de lui avouer.
Elle arbora un large sourire, qui se figea aussitôt, il plongea ses yeux dans les siens et la regarda d’un air facile à deviner…il avait la bouche grande ouverte, l’air presque bête devant la beauté de cette jeune femme et lui dit en plaisantant « vous faîtes quoi ces vingt prochaines années ? »
« Bon écoutez, je ne suis pas là pour batifoler, j’ai quelque chose d’urgent à faire, d’autres avant vous ont essayé mais ça n’a pas marché, si vous voyez ce que je veux dire »
« Pour être franc je suis à la recherche de quelqu’un mais je ne sais pas qui »
« Vous voilà bien avancé, bon courage dans votre recherche, salut l’ami, et désolée pour votre joue »
« N’ayez crainte pour elle, elle en verra d’autre, attendez ne partez pas.. »
Maeli se retourna, et une fois encore Ilan plongea son regard dans le sien, tant de beauté d’un coup, se disait-il, comment est-ce possible ?
Elle s’arrêta un instant puis senti son corps devenir d’une légèreté totalement incontrôlable, ses joues s’empourprèrent et s’approcha d’Ilan. Elle leva la main droite et psalmodia un texte dans le dialecte des anciens, son corps se couvrit d’une intense aura bleue qui dégageait tellement d’énergie positive, que les fleurs se mirent à pousser tout autour d’elle, des plantes aux fleurs blanches et or grimpèrent jusqu’à ses hanches pour monter jusqu’à haut sur sa poitrine, formant ainsi une sorte de protection, comme si elle était devenu la beauté incarnée…
Ilan sentait monter en lui un amour profond, il l’estimait sans la connaître, se mit à l’aimer sans retenu, il n’y pouvait rien, il ne contrôlait rien, elle était là tout simplement réelle, dans sa beauté…elle se mit à chanter, d’une voix hors du commun, il la regardait, elle était la puissance même de la terre, le sang du monde, elle était celle qu’il cherchait.
Quand elle eut fini, ses cheveux étaient devenus noirs d’ébène, ses yeux, mon dieu ses yeux, si troublants, autant de pensées les traversaient, autant d’amour et de vie.
Ilan ne trouva pas les mots justes, n’en trouva aucun d’ailleurs, rien n’aurait su décrire ce moment avec autant de force que le vécu lui-même.

Maeli prit la main d’Ilan et lui transmit son savoir.
Il sentit le monde se fondre en lui, il venait d’acquérir une sagesse profonde, il s’approcha d’elle en fermant les yeux, guidé simplement par leur fusion. Quand il fut très proche, elle lui dit ces mots « regarde en moi, laisse aller tes sentiments, exprime les, ils sont la puissance et le pouvoir, je suis celle que tu cherches, tu es celui que je cherche, nous avons été choisis pour être réunis selon la méthode des anciens, depuis que le monde est monde, les druides ont conservé ce secret, aujourd’hui il est en danger, eux seul nous ont permis de l’acquérir afin de combattre le mal, une longue et douloureuse bataille nous attend et nous nous devons d’être prêt, je t’ai aimé dès que ton regard à touché le mien, je savais déjà qui tu étais Ilan, je t’avais senti approcher… » Maeli n’eut pas le temps de finir son récit que les lèvres de son bien-aimé toucha les siennes, les emportant dans les tourbillons des temps anciens, les faisant rêver à des contrées si lointaines et magiques que des millénaires de vies entières n’auraient pas suffit à les séparer, des voiles de nuits étincelantes charriaient leurs passion au rythme du chant des grillons, les millions d’étoiles qui ornaient la voûte céleste formèrent alors le sigle que Maeli avait vu dans le soleil cet après-midi, ce sigle était celui de la pureté originelle, celle-là même qui créa la Terre.
Il plongea à nouveau dans son regard, voulu lui dire combien sa passion le comblait de bonheur mais elle posa un doigt sur sa bouche en murmurant « moi aussi »… Ils passèrent la nuit à s’aimer comme deux être plus purs que le diamant, plus unis que la nuit et les étoiles, plus aimants que l’amour…leurs corps soudés l’un à l’autre semblaient former la plus belle des formes symbolique universelle …la pureté originelle.

Le matin se levait, ils étaient étendus sur l’herbe, près de l’arbre de Maeli, cet arbre qui lui avait tout donné, le pouvoir des druides, par extension, la sagesse ainsi que l’espoir.
Ilan se demanda, un fois l’histoire de cet arbre connue, si c’était bien le même qui lui avait parlé, il eu la réponse sans attendre, et c’est Maeli qui la lui donna :
« Non ce n’est pas celui-ci » Elle eu un mouvement de panique puis de gêne confuse car elle venait de se rendre compte qu’elle pouvait lire dans les pensées d’Ilan.
« N’ai crainte, lui dit-il, je n’ai rien à cacher, tu pourras lire en moi autant de fois que le voudra »
Elle le remercia d’un doux baiser, puis ils se mirent en route vers leur destin.

Dans le château de Brocéliande, demeure principal du Roi Arthur, se tenait la plus imposante des réunions qui avait été donné de voir, tous les représentants des contés environnants se tenaient à leur place, les 12 chevaliers de la table ronde, pas un ne manquait.
Le Roi se leva, l’air grave, et dit en ancien langage « Terra at bonos hominis » (la Terre appartient aux hommes bons)… »Nous ne pouvons laisser agir ces brutes sanguinaires qui nous tuent et nous affament, nous sommes entrain de perdre du terrain dans les domaines, nos druides sont retenus prisonniers, notre forêt s’amenuise et notre vie aussi, c’est pourquoi je vous ai réunis ici, afin que vous réunissiez vos troupes, que vous vous armiez de tout ce qui fera office d’arme et que nous nous dirigions vers le pays de ces monstres. »
« Ô mon Roi, dit l’un d’eux, j’ai une armée de dix mille hommes prêts à servir la paix »
« Moi aussi, dit un autre, j’ai dix mille autres hommes prêts à mourir pour retrouver le calme et la quiétude »
« Vous êtes les messagers de vos armées, allez leur dire de se tenir prêts, nous partirons dans deux jours, aux premières lueurs du matin »

Marchant tout deux l’un à côté de l’autre, nos deux amants ne se parlaient point, ils n’en avaient pas besoin, leur silence suffisait et fonctionnait parfaitement, ils sentaient tout ce que la nature leur disait, excepté que…Maeli s’arrêta soudain, prise d’un malaise passager.
« Maeli, est-ce que ça va ? demanda Ilan.
Arrêtons nous un moment veux-tu, je crois que je suis un peu fatiguée, ça fait un jour et demi que nous marchons sans discontinuer.
Bien asseyons-nous si ça te soulage
Merci mon bel Amour… »

Ilan paraissait nerveux, tandis que sa tendre amie reprenait des forces…quelque chose l’angoissait mais il ne savait pas quoi. Il avait envie de hurler, de jurer, de pester contre quelque chose d’inconnu qui le travaillait, Maeli le voyait tourner comme un lion en cage… elle n’en connaissait pas non plus la raison, tout ce qu’elle savait était que quelque chose se tramait, quelque chose qui allait contre leurs convictions propres et les mettait dans un sale état.
« Tu ressens la même chose n’est-ce pas ? » Lui demanda Maeli
« En effet »  répondit Ilan « quelque chose de mauvais se prépare, quelque chose qui risque fort de compromettre notre quête »
« C’est ce que je me dis aussi, nous devrions nous remettre en route »
« Tu ne veux pas attendre d’aller un peu mieux ? »
« Ca va je t’assure, puis nous n’avons guère de temps »
« Allons-y alors »

Le Roi Arthur se tut un instant et tendit l’oreille.
Maeli n’allait pas fort à mesure qu’elle avançait.
Arthur avança à la fenêtre.
Maeli s’entendit hurler « Vous ne combattrez rien par le ferrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr »  d’une voix si puissante que les animaux de la forêt se turent.
Arthur jeta un œil par la meurtrière et vit un spectacle pour le moins très destabilisant, écarquillât les yeux et jeta en l’air un « qu’est-ce que ça veut dire ? »
Maeli se redressa, s’arc-bouta, son corps décolla de vingt centimètres, écartant les bras, la tête en arrière, elle se mit à prononcer des paroles magiques. Ilan posa un genou et plongea ses mains dans la terre, doigts tendus en avant.
Arthur ne pouvait croire, les plantes, les arbres, tout poussa à une vitesse fulgurante, la nature déchaînée avança sur le château et entreprit son travail de maçon, formant une épaisse végétation mêlant arbres, plantes, herbes tout ce qui était végétal se vit ainsi propulsée hors de terre pour former un rideau d’une épaisseur et d’une impénétrabilité remarquable, empêchant les chevaliers de sortir et donc d’avertir leurs troupes.
Une fois fait il était pour le moins impensable de pénétrer l’enceinte doublement fortifiée, un chevalier pensant se frayer un chemin à travers se vit automatiquement pris au piège car la végétation repoussait aussitôt coupée.

Maeli reposa les pieds sur le sol, affaiblie par ces inhabituels efforts de concentration, Ilan se redressa vivement et d’un réflexe instantané, passa ses bras sous elle afin de la soutenir et la posa délicatement sur l’herbe. Elle reprenait doucement son souffle, il approcha son visage du sien, d’un geste tendre caressa sa joue de la sienne « Mon Amour, lui chuchota t-il dans l’oreille, tu es l’être le plus beau qu’il m’ait été donné d’admirer »
Elle ouvrit les yeux et vit que son amant la fixait de tout son amour.
« Je vais bien » lui dit-elle
« Mon Ange, je crois que nous avons accomplit quelque chose de grand, nous avons empêché une catastrophe monumentale »
« Oui, Arthur était sur le point de nous condamner tous »
Maeli était troublante, dieu sait de quoi elle était capable et elle gardait cette simplicité qui plaisant tant à Ilan…

Elle se redressa lentement, et s’appuya contre un arbre, tandis qu’Ilan lui offrait à boire, Maeli trempa ses lèvres dans le breuvage sucré puis ferma les yeux un moment.
La forêt avait repris son cours normal, les oiseaux chantaient à nouveau, les animaux sortaient de leur tanière, certains s’approchèrent même du couple sacré des dieux celtes, sans crainte aucune,  comme pour les remercier et leur rendre hommage, ils formèrent un cercle autour d’eux, certain s’agenouillant même. Maeli tendit la main vers une biche qui se tenait près d’elle, celle-ci posa doucement sa tête dedans et se laissa caresser.
« Je crois dit-elle à Ilan, que nous avons de nouveaux compagnons »

Dans le château du Roi, c’était l’effervescence, la panique, tout le monde était bloqué, et personne ne sortirait de là avant un long moment.

Maeli et Ilan se remirent en route, vers l’ouest précisément car Ilan possédait ce don de sensation qui lui permettait de suivre un chemin sans se perdre. Mais à mesure qu’ils avançaient, la forêt s’assombrissait, le ciel se remplissait de nuages noirs et menaçants, les repères s’effaçaient peu à peu, les animaux, qui jusque là les suivaient, rebroussèrent chemin, on ne pouvait pas leur en vouloir, l’instinct de conservation jouait en leur faveur.
L’air commençait à sentir mauvais, jamais ils n’auraient pu penser que l’esprit d’un être vivant puisse paraître aussi mauvais, aussi noir, confus et délabré.
Et pourtant…

A quelques lieues de là, s’élevait la forteresse des brutes, êtres abjectes, dénués de conscience ou bien même d’âme, avinés à longueur de journées, prêts à se battre pour un rien…
La bâtisse ne ressemblait qu’à ses occupants, aussi laide et mal conçue qu’eux.
Nos jeunes amants célestes se demandaient si réellement ils allaient pouvoir faire quelque chose, tellement ce qu’ils ressentaient à mesure qu’ils approchaient leur paraissait monstrueux.
La nature semblait prise aux pièges de quelques sortilèges maléfiques, les arbres se tordaient comme de douleur, l’herbe était sèche, des corbeaux croassaient leur chant funèbre et guttural.
Maeli savait qu’il fallait agir en profondeur, car même en passant à même le sol, l’herbe reprenait vie mais mourrait aussitôt. L’odeur était devenu insupportable, comme du souffre, elle leur piquait la gorge et le nez, l’avancée devenait difficile mais il était hors de question d’abandonner.

Dans le donjon de la forteresse, un lueur rouge illuminait la plus haute pièce…Zénia, la sorcière des brutes, celle par qui le mal est arrivé, s’acharnait à trouver quelques potions maléfiques afin de faire disparaître définitivement les deux êtres amoureux qui approchaient d’eux. Elle les sentait venir à elle, elle les voyait dans cette pierre de marbre de lune, appelée  ainsi car on le trouve que dans une seule contrée désolée et tellement aride que personne ne tente sa traversée…cette pierre lui vient de sa mère, elle-même sorcière et qui à subit la punition, réservée alors à ceux qui pratiquaient la magie noire, d’errer sans fin dans cette région désertique, quant à savoir comment elle est entrée en sa possession…c’est une autre histoire.
Zénia était la dernière de sa lignée, elle et ses aïeuls ont semé peur et maléfices pendant des siècles, mais jusqu’à présent restait cachée. Maintenant que les brutes sont sur le point de s’emparer du pouvoir, elle leur proposa ses services.

Maeli s’arrêta de nouveau. « Je sens un courant sombre me parcourir l’esprit, quelque chose de très puissant se tient en ce château, quelque chose qui engendre le mal, la peur et la désolation. »
Ilan la dévisageait, se demandant comment elle pouvait ressentir tout ça, et surtout comment faisait-elle pour supporter tant ?
« Mon tendre Amour, nous devons agir avec prudence, nous en sommes conscient, mais es-tu certaine que nos pouvoir suffiront à anéantir ce mal ? »
« A dire vrai, je n’en sais rien, ce que je sais c’est que nous devons tenter d’arrêter tout ça, au risque de nous perdre l’un l’autre. » Elle s’approcha d’Ilan, le regarda si intensément, avec tellement de force, d’amour, du creux de sa main, elle caressa son beau visage, une larme perla de ses yeux et vint mourir dans le creux de son cou. Ilan se pencha doucement et posa ses lèvres sur la perle au goût salé, elle enserra sa tête entre ses bras et se mit à pleurer de toutes ses forces, se laissant vider le cœur de tout ce qui pourrait la rendre faible durant un éventuel combat contre Zénia. Ilan la serra dans ses bras, fort, leur étreinte dura de longues minutes, aucun des deux ne voulant se séparer l’un de l’autre. Puis finalement Maeli lâcha prise, se recula un peu puis embrassa Ilan, d’un baiser qui aurait pu signifier tant de choses…

Zénia les voyait, ils n’étaient plus très loin à présent, elle sentait leur Amour se renforcer, cela la rendait folle de rage, elle savait très bien qu’il était beaucoup plus difficile de séparer deux êtres qui s’aiment que deux êtres qui se détestent…il lui fallait trouver une solution pour les empêcher d’être réunis.

Maeli regarda Ilan et lui dit « Promets-moi une chose s’il te plaît, s’il devait se passer quelque chose de terrible, si pour une raison ou pour une autre, je ne suis plus là pour t’épauler physiquement, surtout ne te fais pas d’inquiétudes, je serai quand même à tes côtés et je t’aiderai de toutes mes forces… »
Elle eut dit cela comme si elle savait que quelque chose allait mal tourner, elle n’en était pas certaine mais…
« Je t’aime Maeli et je ne supporterai pas une seconde de te perdre, cela me rendrait fou de douleur……..au point de vouloir mourir »
« Ne dit surtout pas cela, si il n’y a plus personne pour combattre, que va devenir notre peuple ? »
« Je sais que tu as raison, mais je ne pourrai pas vivre sans toi »
« Si tu le peux très bien, nos gens ont besoin de nous, je n’ai pas encore disparu, je suis bien là, près de toi, a te parler et à t’aimer. Alors prenons nous par la main mon bel Amour et venons-en à bout…éliminons cette pourriture qui nous maltraite et nous empêche de vivre »

Zénia préparait, préparait encore des potions, des mélanges malodorants qui annonçait un pouvoir maléfique visant à étendre la mal déjà installé. Elle s’affairait inlassablement, vraiment décidée à annihiler toute traces de beauté, d’amour ou de complicité…mais son prix sera cher, son tribut excessivement lourd.

Avant de repartir Maeli dit à Ilan :
« Oui j’ai entière confiance en toi et en ta volonté, je sais qu’on y arrivera… »
« Remettons nous en route, et arrêtons le mal »
Et à la suite d’un nouveau et tendre baiser, ils partirent main dans la main, cœur dans le cœur, vers  un combat qui ne s’annonçait pas des plus faciles.

La sorcière avait prévenu les brutes de l’arrivée des deux magiciens, tout le monde était sur le pied de guerre, ces idiots ne savaient pas de quoi ils retournaient mais écoutaient quand même la vieille Zénia. Elle se frottait les mains d’avance, sachant qu’ils ne verraient sans doute pas le jour prochain se lever, mais après tout qu’est-ce que cela pouvait bien faire ? Ils n’étaient là que pour servir son intérêt, elle voulait régner seule… Elle venait de trouver une parade pour contrer l’homme et la femme qui approchaient, elle se lança dans des incantations mystiques, réveillant les diables obscures qui dormaient dans le sous-monde, ses yeux devinrent blancs, sa peau de changea en une sorte de cuir vieillit par les millénaires comme les années usant un vieux temple indien. L’air se chargea  d’électricité, ses cheveux blancs prirent une teinte rougeâtre. On pouvait s’imaginer depuis dehors ce qu’il se passait dans la pièce du donjon.
Lui-même parut tellement ébranlé qu’on eût cru qu’il allait s’effondrer.
Les brutes avaient construit leur château autour de l’ «arbre», celui-là même qui avait surpris le jeune homme après sa transformation dans la maison du druide. Zénia avait compris qu’elle devait jeter un sort à l’arbre afin qu’il les amène à elle. Ce qu’elle fît.

Ilan et Maeli sont en vue du château, tout alentours est devenu noir, on sent le mal ternir la vie, Maeli se sentait désespérée, pareille à ce que ressentait la forêt. Mais à aucun moment elle n’en fit part à Ilan, celui-ci était déjà bien trop concentré et nerveux, lui avouer cela lui aurait fait perdre ses moyens, elle sentait combien il s’inquiétait pour elle, cela la réconfortait et lui chauffait le cœur, puis d’un autre côté lui faisait horriblement de la peine tellement elle avait peur de le perdre, de n’importe quelle façon que ce fût. Elle retint ses larmes aussi longtemps qu’elle le put…Elle remerciait le ciel qu’Ilan ne puisse lire dans ses pensées.

C’était l’effervescence dans la forteresse, les brutes étaient tous à leurs postes, chacun placé à un endroit stratégique pour prévenir la moindre tentative d’intrusion. Zénia venait tout juste de terminer ses incantations diaboliques que déjà les effets s’en faisaient sentir, une barrière invisible venait de se former devant le château, empêchant toute personne physique de s’introduire en son sein. Maeli commençait à avoir de fortes nausées…dues à…on ne sait quoi, l’odeur environnante sans doute, ou bien…non c’est impossible se dit-elle, tout cela me rend malade.
Ilan releva enfin la tête et regarda Maeli avec insistance, esquissa un sourire forcé, puis prenant sur lui, il s’approcha d’elle, lui tint la main, l’embrassa, et lui dit « je ne sais pas ce que tu caches mais je compte bien que tu me le dise une fois tout cela terminé », elle ne comprit pas de quoi il parlait, ou ne voulu pas comprendre. Elle lui dit oui quand même.
Quand ils arrivèrent devant la protection qu’avait réalisé la sorcière, ils se demandèrent en premier lieu comment la traverser, puis un voix presque familière se fit pensée dans leur tête « vous touchez bientôt au but, ne vous éloignez pas l’un de l’autre ni de vous-même - il y eu long silence puis l’arbre reprit – je ne serai plus capable bientôt de vous informer de ses faits et gestes car je faiblit rapidement, n’oubliez simplement pas ceci : l’Amour que vous vous portez est plus fort que tout, j’ai eu une superbe vision de vous il y a peu, je vous…je vous voyais tous les…tous les… » Sa voix se perdit dans un chuchotement inaudible puis s’éteignit. Ilan et Maeli restèrent muets l’espace d’un instant et Maeli se mit à hurler de douleur, pas un mal physique mais elle était submergées d’émotions si intenses qu’elle crût que le monde allait mourir dans une seconde, la douleur passée, la colère la gagna, une colère si puissante, si vive qu’elle s’éleva encore plus haut que la première fois, le vent se leva, de plus en plus fort, Ilan restait à ses côtés, il était assis en tailleur sur le sol les deux mains bien ancrées dans la terre jusqu’aux coudes, Maeli se mit à chanter les formules anciennes, le vent redoubla de violence, tourbillonnait comme une tornade, ses cheveux noirs se mirent à étinceler de mille feux, ses yeux brillèrent de même, la force invisible qu’elle manipulait semblait vivre, se mouvoir selon ses pensées propres, le vent était désormais complètement déchaîné, Ilan se tenait toujours par terre, la tête en arrière, ses cheveux aussi avaient changé de couleur, ils étaient presque blancs, ses yeux étaient passés du vert au bleu glacial. La tempête faisait rage mais ne parvenait pas à pousser ce mur invisible, la sorcière avait bien mené son sort. Maeli se cambra, fit joindre ses mains l’une contre l’autre, une concentration d’énergie se forma dans celles-ci, Ilan se releva, s’approcha de sa compagne et lui présenta ses propres mains, elle les prit dans les siennes et l’énergie passa dans Ilan aussi, ceci afin de créer une union plus forte encore, et de là…un fracas déchira l’espace, une lumière intense enveloppa les deux amants, une chaleur incroyable naquit, dans la foulée, Ilan porta les yeux sur Maeli et s’aperçut que cette lumière et cette chaleur venait en fait de son ventre, il ferma les yeux et eut la vision de l’arbre, il se mit à sourire…l’action engendrée de leur union provoqua une onde de choc qui ouvrit une brèche dans la cloison invisible mais impossible de savoir combien de temps cela durerait. Ilan tenait Maeli dans ses bras, et s’engouffra avec elle dans le trou. Une fois de l’autre côté, il la déposa sur le sol, prit soin de vérifier les alentours, puis s’assit à son tour, juste à coté d’elle. Elle semblait dormir, et paraissait encore plus belle, il déposa un baiser sur ses lèvres, mais elle ne réagissait pas, il recommença mais rien ne se passa, une peur panique l’envahit, puis elle ouvrit enfin les yeux, tout doucement, elle lui fit le plus beau des sourires, il passa sa main sur sa joue puis la déplaça machinalement jusque sur son ventre, un courant de bonheur les envahit alors tous les deux.
« Je suis trop faible pour continuer, lui dit-elle, je n’ai plus aucune force, faire un pas de plus m’est impossible. Mais il faut que TOI, tu continues, tu as acquis assez de pouvoir maintenant pour vaincre cette vieille sorcière, ne t’en fais pas pour nous, je prendrai soin de tout ce petit monde »
« T’abandonner ici ne me plaît guère mais je sais qu’il le faut, je serai de retour bientôt, je te le promets mon tendre Amour, si je ne devais pas… » Elle l’interrompit « Tu as vu comme moi ce qu’avais vu l’arbre pour nous…alors tu reviendras…va finir ce que l’on à commencé. Je t’aime »

Dans le donjon, Zénia était furieuse, sa pierre en marbre de lune lui apprit ce qu’il venait de se passer et elle ordonna à une dizaine de brutes de partir sans attendre, à la recherche des amants. Il s’exécutèrent sous sourciller. Ils avaient passé son mur invisible,

Elle tourna la tête sur le côté et ses yeux se fermèrent. Ilan n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit qu’elle sombrait déjà dans un sommeil profond…Il se redressa, inspira profondément et se mit à marcher…se retournant sans cesse pour la regarder. « Va, entendit-il dans sa tête, je suis toujours avec toi ». Le cœur gros mais remplit de tendresse et d’amour, Ilan se dirigeait vers le château. C’est alors qu’il entendit le pas des ennemis venir dans sa direction, il fallait qu’il fasse diversion pour ne pas qu’ils tombent sur Maeli, il partit à leur rencontre et une fois face à eux, il les invita à le suivre dans une course folle à travers les bois noirs, il couraient vite, les brutes quand à elles s’essoufflaient rapidement c’est alors qu’il se retourna vivement face à eux et plongea ses mains dans le sol, genou à terre, à ce même moment, les arbres et les plantes environnantes se mirent à pousser tout autour d’eux, leur attrapant les jambes puis les bras afin de les immobiliser et les plaquer sur le sol. Une fois fait, la végétation reprit sa place, les être abjectes, retenus par les racines, si firent engloutir dans la terre tandis que celles-ci reprenaient leurs positions initiales, emmenant les brutes dans les tréfonds du monde.
Ilan reprit sa marche vers la sorcière, bien décidé à lui régler son compte.

En arrivant aux abords mêmes du château, Ilan fût surpris par le silence qui régnait, un silence anormal, fantomatique, comme si tout le monde avait déserté l’endroit pour n’y laisser qu’une empreinte invisible et indiscernable. Ca ne lui plaisait guère, il se rappelait les histoires racontées par les anciens, qui eux-mêmes les tenaient de leurs ancêtres, où des êtres sans fois ni loi, surprenaient les ennemis grâce à quelques pouvoirs maléfiques en laissant croire que la place était vide de tout être. Il venait juste de s’en souvenir, à l’instant même où il entendit la corde d’un arc se détendre pour décocher sa flèche. Celle-ci vint lui effleurer le bras droit, déchirant son habit et écorchant sa peau, du sang s’échappait mais la blessure était loin d’être grave, il fit un bond de côté pour échapper à la rafale de flèches qui venait maintenant s’abattre sur lui et si mit à courir, ça pleuvait de toutes part, il entendait, par moment, l’une d’elles passer tout près de son oreille, ou la sentait lui effleurer le corps, il ne s’arrêta pas de courir jusqu’à pouvoir se mettre à l’abris.
Il pensait à Maeli, que faisait-elle ? Etait-elle réveillée ? S’était-elle échappée ? Il n’en savait rien et cela le rongeait plus que les traces de flèches qui lui couvraient presque entièrement le corps. Il entendit dans sa tête :
« Soit en paix mon bel Amour, je suis à l’abris, je ne risque rien, continue de te battre et trouve cette maudite sorcière, je t’attends sois en certain »
Ilan ne savait pas si elle disait ça uniquement pour le rassurer ou si c’était vrai, qu’elle était  bien à l’abri de tout dangers. Il préférait se dire que tout allait bien.
Il attendit un long moment avant de repartir, il n’était pas vraiment sur que le danger était écarté mais il n’avait le choix car le manque de temps était cruel.
Il repartit donc sans attendre à la recherche d’une entrée quelconque, n’importe quoi aurait fait l’affaire pourvu qu’il eut pu rentrer. « Remonte un peu plus loin »  lui dit Maeli, il s’exécuta et trouva. Une petite porte, dont la serrure avait été forcée, s’entrebâillait  comme une invitation. La poussant doucement, il pénétra dans un couloir, il n’y avait aucune lumière mais la mousse qui recouvrait les murs de pierre, brillait doucement de sa matière phosphorescente, juste assez en tout cas pour éviter le trou dont le fond était tapissé de bambou taillés en pointe, prêt à recevoir n’importe quel personne pour en faire une belle brochette. Il prit un peu d’élan puis sauta par-dessus, mais son pied glissât sur le rebord, ne sachant par quelle magie, son équilibre se rétablir, comme poussé par l’arrière pour le redresser et lui remettre les deux pieds sur sol du tunnel. De suite il pensa à Maeli et lui demanda mentalement :
« Est-ce toi qui vient de me sauver la vie ? Est-ce toi ma douce ? Maeli tu m’entends ? Est-ce toi ? » Dieu que ce silence lui était insupportable… un long moment passa sans qu’il « n’entende » quoi que ce soit de sa part. Rien, le silence absolu…Il avait peur, non pas de ce qui l’attendait dans le donjon, mais qu’il soit arrivé malheur à son Amour, il sentait que la nuit allait bientôt tomber, qu’elle aurait sans doute froid, seule dans ces bois sombres, il la savait capable de se défendre mais peut-être pas de prendre soin d’elle à cause du manque de moyen.
Puis soudain le silence fût brisé « Ilan, Ilan… » Entendit-il « Ilan ils m’ont trouvé, je suis dans le donjon, viens vite je t’en supplie, viens vite… ».
La panique le gagna et il se mit à courir sans regarder où il mettait les pieds, parcourant ainsi de longues distances dans les dédales obscures du sous-sol du château. Dans le donjon, la sorcière riait aux éclats, elle était contente de son petit manège, le sort fonctionnait, elle avait réussit à pénétrer l’esprit d’Ilan comme le faisait Maeli, se faisant passer pour elle, elle lui a fait croire que sa très chère future épouse était retenue prisonnière, alors qu’il n’en était rien. Ça lui avait juste servit à attirer Ilan dans un piège. Il s’arrêta un moment de courir, il se concentra et visualisa les couloirs qui restaient à parcourir, c’est alors qu’un bruit de pas se fit entendre dans son dos, il voyait vaciller la flamme d’une torche qui venait dans sa direction, mais seulement voilà, la même chose arrivait de l’autre côté, il se sentit pris au piège mais ne céda pas à la panique, il prit une profonde inspiration, appelant Maeli de toutes ses forces. Il se disait en lui-même « faites qu’elle m’entende, faites… » Puis comme un miracle il entendit «  je suis là mon cher Amour, je m’était profondément endormi pendant un moment mais je suis réveillée à présent, je suis là pour t’aider » Ilan s’assit en tailleur, bras écartés, il sentait le pouvoir le gagner, quelque chose de grandiose émanait de lui, aidé de Maeli, des ondes s’échappaient de son corps, de plus en plus fortes à mesure que sa concentration augmentait. Elles formèrent, en se regroupant, ce qu’on appelait alors jadis le pouvoir de Ras-al-guhl, autrement dit « la tête du démon » en langue orientale, créant ainsi un monstre terrifiant capable d’anéantir une troupe entière d’hommes. Mais inoffensif pour celui qui le crée. En l’espace d’une minute à peine, tout ce qui se trouvait à la portée d’Ilan en matière d’êtres organiques disparu, dévorés par la tête du démon. Ilan s’appuya contre le mur un instant, fatigué par l’effort accomplit, puis se remit en route. En prenant garde, cette fois-ci, de mettre les pieds où il fallait. Il avait compris que Maeli ne se trouvait pas dans le donjon, mais la sorcière ne le savait pas.
« Maeli, mon ange sacré, est-ce que tout va bien ? »
« Oui tout va bien, je n’ai pas bougé de l’endroit ou tu m’as laissé tantôt, ne t’inquiète pas pour moi, quelques animaux ont eu le courage de me rejoindre, ils m’entourent et me tiennent au chaud à présent, je suis protégé non seulement par eux mais je sens que notre petit ange aussi à de la ressource, à mesure où je le sens pousser, à chaque seconde mon être accentue sa mutation magique, je sens une force incroyable venir de lui »
« Bien j’en suis heureux, l’histoire n’est pas finie malheureusement, j’ai encore le plus dur à accomplir, mais le fait de penser à toi me procure une vivacité sans commune mesure, tu es mon essence, tu es une partie de ma force et je vais en avoir besoin. »
« Je serai à tes côté lors de l’affrontement final, n’ai crainte »
Ilan monta les marches qui menaient au plus haut de la tour, se concentrant sur tout ce qu’il pouvais rassembler de force et de magie, il puisa dans ses plus profondes réserves mentales, faisant le vide total, comme pour faire la place afin d’emmagasiner le maximum de vibrations mystiques nécessaires aux pouvoirs qu’il possédait. En chemin, il sentit une nouvelle onde le parcourir, plus faible que celle de Maeli mais déjà très complète. Quelque chose de bénéfique traversa son esprit, il sentait véritablement que ce qui lui manquait de puissance, venait d’être comblé. Il finit de grimper les marches et s’avança vers la porte qui se trouvait à quelques pas de lui, elle était entrouverte, une lumière blafarde en émanait…regroupant tout son courage, ses pensées, son Amour pour les deux personnes qui l’attendait en bas, il posa la main sur la porte puis la poussa…

Dehors, la nuit commençait à tomber, le temps semblait ralentir, comme pour retarder une échéance, les étoiles peinaient à briller, comme si elles ne voulaient pas se faire voir, le soleil aurait même semblé vouloir se coucher plus vite qu’a l’accoutumée. Les animaux se taisaient et restaient à l’abri. Maeli senti que quelque chose allait se passer et commença à concentrer son énergie, ses pouvoirs ainsi que son amour pour venir en aide à celui qui sera le père de son enfant, d’ailleurs elle sentait au niveau de son ventre, une douce chaleur se dégager puis se propager dans son corps, le petit être qui sommeillait en elle se préparait aussi à aider son père. Ilan ressentait tout ça, ça le confortait et le réconfortait dans la tâche qu’il se devait d’accomplir dans tous les sens du terme. Il devait affronter Zénia, devenir père, faire retrouver la sérénité aux populations environnantes, ça faisait lourd sur ses épaules mais il se sentait de la faire.
Quand il entra dans la pièce, il vit l’arbre en plein milieu, le château avait été dressé tout autour de lui, et Zénia lui faisait subir les pires supplices afin d’en tirer le maximum de ses pouvoirs, il était presque vidé de son essence, ses feuilles étaient à terre, ses branches ressemblaient à des spectres de cimetière. La vieille sorcière était assise dans le coin opposé de la pièce, elle semblait prostrée, repliée sur elle-même, Ilan s’approcha lentement d’elle puis reçu une alerte de Maeli l’avertissant d’un danger proche, mais au même moment ou il reçut l’information, Zénia se jeta sur lui et l’attrapa au cou de ses doigts crochus, sous l’effet de la surprise, il n’eut pas le temps d’esquiver et se laissa prendre. Elle le poussa à terre et se mit à invoquer les esprits maléfiques tout en lui tenant la gorge serrée entre ses vilaines mains. Ilan avait du mal à s’en déloger car elle était puissante malgré a petite taille…

Maeli était en transe, assise en tailleur, le visage levé vers le ciel, ses yeux avaient changé de couleur, du vert ils avaient viré au jaune clair, la couleur des druides…elle psalmodiait les formules magiques qui lui donnait la force de faire parvenir ses pouvoirs jusqu’à Ilan. Ce qui fonctionnât parfaitement, il reçut la force nécessaire pour propulser la vieille folle contre le mur, pensant qu’elle se briserait en deux, mais elle se releva et fondit sur lui en hurlant. Il l’esquiva en roulant sur le côté, se redressa et sans lui laisser le temps de se remettre sur ses jambes, il lui assena un coup pour le moins violent mais c’est à peine si elle réagit. A son tour, elle tendit les bras en avant, joignit les mains et une boule rouge se forma entre elles, ça crépitait pareil à du feu dans une cheminée, puis elle lança cette boule en direction d’Ilan qui la prit en pleine poitrine.

Maeli se tenait toujours assise à faire ses incantations, au moment même ou Ilan reçut le coup, elle se mit à crier, sentant que son Amour venait de souffrir, elle aurait voulu lui venir en aide mais elle était trop loin du château, et qui sait ce qu’il pourrait se passer sur le chemin, arriverait-elle à temps ? Non le mieux qu’elle pouvait faire était encore de rester là…
Ilan était à demi conscient, appuyé contre le mur, une main sur sa poitrine, il était trop faible pour lancer un sort, et Zénia s’approchait lentement de lui, le regardant dans les yeux comme pour le défier une dernière fois, il la maudissait, autant que tous ces êtres cruels qui la servaient…
Le ventre de Maeli se mit à briller, elle-même n’en revenait pas, la lumière se détachât puis se transforma en une entité à part entière et vint se mettre à flotter dans l’air juste devant Maeli, elle savait d’où provenait cette lumière, mais en aucun cas n’avait idée de sa puissance ou de sa façon d’agir. Elle vit alors ce qu’elle supposait être l’essence de son enfant s’élever dans les airs et partir en direction de la forteresse.

Zénia s’approchait à pas lents et mesurés, se méfiant toutefois des capacités d’Ilan, elle sorti une dague, sa lame luisante et ondulée, pointée en direction du magicien, se releva jusqu’à la hauteur de sa tête, puis fendit l’air…Ilan la regarda tomber vers lui, ne sentant pas la force de parer le coup. Le temps parut démesurément long, au moment précis ou la lame allait s’abattre sur Ilan, la boule d’énergie, qui avait quitté la forêt quelques instants plus tôt vint se placer entre le couteau et la peau d’Ilan, le bras de la sorcière rebondit dessus et elle recula aussitôt, tellement surprise par ce qu’il venait de se produire, la boule s’avança vers elle et la percuta sans douceur aucune, la projetant au sol et la faisant glisser sur le pavé, s’en retourna vers Ilan et vint se poser sur sa poitrine, une douceur chaleur l’envahit et il senti la douleur disparaître jusqu'à extinction totale de celle-ci, la lumière disparut aussitôt une fois sa tâche accomplie.

Maeli cesse immédiatement de se torturer, elle ne sentait plus cette douleur, mêlée de peur et d’inquiétude mais plutôt une grande sérénité et une grande confiance, elle vit la boule de lumière regagner son corps puis reparti dans ses incantations.
La vieille allongée sur le sol eut grande peine à se relever, en son adversaire se cachaient de grands pouvoirs, elle commençait à avoir peur car sentait sa fin approcher, Ilan se tint debout devant elle, leva les bras vers les cieux et des éclairs bleus et aveuglants vinrent le frapper de toutes parts, la lumière environnante changea de couleur et prit une teinte jaune pâle, il lança  des incantations, son esprit se mit en relation permanente avec celui de Maeli, de l’enfant et l’arbre, ils formaient l’arme la plus puissante alors connue à ce jour, Zénia resta muette et immobile…Ilan plaça ses bras devant lui, un courant le gagna, partant de ses pieds, montant dans ses jambes, puis son corps et enfin ses bras jusqu’aux mains. De là, une énergie pure se mit en branle, se formant dans le creux de chacune de ses mains, les deux masses se mirent à gonfler, à gonfler encore puis, dans un mouvement sec, Ilan les jeta en direction de la sorcière et vinrent s’écraser sur son corps, celui-ci se souleva de terre et retomba comme un vulgaire chiffon. De la fumée s’échappait des mains d’Ilan, il était là, debout, le sourire aux lèvres, qui retomba aussitôt quand il vit que sa main bougeait encore…Il entendit alors un bruit, comme quelque chose qui venait de tomber sur le sol, il regarda alentours puis son regard tomba sur une petite pierre juste à côté de l’arbre, la ramassa, se demandait ce que ça pouvait être et à quoi cela pouvait bien servir. Mais nul n’était besoin de chercher plus loin, il s’agenouilla près de la sorcière et plaça la pierre dans le creux de sa main décharnée, de là, son corps tomba en poussière et fût soulevé par le vent pour s’éparpiller dans la pièce. Sur cette pierre se trouvait le symbole de la pureté originelle. Tout était terminé à présent mais il avait encore une chose à faire.
Au même moment, les incantations de  Maeli cessèrent, sachant que tout venait de se finir, elle se reposa un moment, tout en pensant à ce qu’il venait de se passer, elle ferma les yeux et attendit patiemment le retour de son aimé.

Ilan s’approcha de l’arbre et posa ses mains dessus, il se mit à trembler de toutes ses feuilles, de nouvelles en sortirent, on sentait sa force se propager comme un courant a travers ses veines, il était beau, de nouveau vert et bien portant, Ilan lui fit la promesse de le dégager de ce carcan de pierre qui l’entourait avant de quitter la forêt. Ce qui fut fait aussitôt après, la forteresse n’était plus qu’un lointain souvenir. Ilan se dépêcha de retrouver Maeli ainsi que le petit magicien qui poussai en elle, qui lui avait tantôt sauvé la vie. Maeli était debout, Ilan la vit de loin et pressa le pas jusqu’à courir. Arrivé devant elle, elle sauta dans ses bras et pleura de bonheur. Ilan laissa enfin échapper ses larmes, celles qu’il avait juré de retenir tant que cette histoire ne serait pas terminé…Il se recula un peu, regarda Maeli dans les yeux, toujours aussi verts, s’agenouilla devant elle puis embrassa son ventre, passant ses bras autour de sa taille… il se redressa, embrassa Maeli aussi tendrement que l’amour qu’il lui portait puis se remit à genoux, Maeli se demandait c qu’il pouvait bien lui passer par la tête jusqu’à ce que qu’Ilan dise « Maeli, mon tendre et bel Amour, les évènement récents m’ont amené à une pensée toute particulière… » Il prit sa main et la regarda si intensément, que même le diable en personne n’aurait pu faire mieux. « Maeli, mon Amour, je sous voué à t’aimer jusqu’à la fin de ma vie, mon seul et unique but et de vous rendre heureux, de vous défendre et de vous aimer, aussi, je te demande solennellement Maeli veux-tu devenir ma femme pour les jours, les années et les siècles à venir ? »

Quelque chose se tramait, ils sentaient que la forêt était sur les starting-blocks mais c’était indéfinissable…

Ses yeux débordèrent de larmes et son oui franc et massif fut tellement reçu avec force qu’ils se serrèrent dans leurs bras comme si rien ne pourrai plus jamais les séparer…
« Je t’aime tellement Maeli »
« Je t’aime mon bel Amour »

Et ce qu’il devait se produire arriva enfin, la forêt se mit à revivre, tout ce noir commençait à disparaître, laissant place à une végétation luxuriante et odorante, les arbres reprirent leur parures, les fleurs, leurs pétales, tout revivait dans l’harmonie des sons et des couleurs.
Ilan et Maeli reprirent leur route en direction de leur contrée, main dans la main, puis le petit être qui viendrait quelques mois plus tard leur apporterait l’immense joie, venant compléter celle de leur Amour et de leur Union.

FIN
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LoveBagels
Invité



MessageSujet: Re: A lire, si ça vous chante...   Ven 5 Nov 2010 - 21:57

Voici donc la première partie de la trilogie, venant avant la précédente, oui je sais, ça ne se fait pas de mettre le début après, mais je ne pensais pas qu'on me la demanderait ^^, mais la voici !



Estrella est une petite fille comme les autres, du haut de ses 11 ans elle regarde le monde avec des yeux qui lui sont propres, s’émerveillant à chaque instant de tout et de rien, s’imaginant les plus belles choses, le monde est pour elle la plus curieuse et la plus merveilleuse des créations.
Mais aussi la plus mystérieuse, Estrella est de nature à vouloir tout savoir, tout résoudre, tout comprendre. Toujours elle pose des questions sur ce qu’elle ne connaît pas, toujours elle demande « Maman, pourquoi ceci… ? Maman pourquoi cela… ? » Oui elle aime poser des questions. Maman le sais très bien. Mais ce qu’elle aime par-dessus tout, ce sont les énigmes, les petits problèmes de la vie, tout ce qu’elle ne comprend pas…
Sa chambre est remplie de casse-tête chinois, de livres d’énigmes à résoudre, des fois elle y reste des heures, se creusant sa petite tête, sa Maman lui dit souvent « un jour je vais voir de la fumée sortir de tes oreilles à force de réfléchir », la première fois, Estrella sauta sur l’occasion, car ayant pris la remarque au sérieux, se demandait comment cela pouvait être possible. Maman partie d’un éclat de rire tellement spontané que la petite fille se sentit presque honteuse de s’être faite avoir, mais oublia tout ça dans la seconde qui suivit et se mit à rire aussi.

Un long week-end où Papa et Maman devaient s’absenter, elle se vit confiée à ses grands-parents, elle adorait y aller car elle savait que grand-maman cuisinait toujours ce qui lui fait plaisir, sans parler des sucreries et autres biscuits maison. Elle aimait aussi parler avec grand Papa, et pouvait passer des heures à… lui demander « pourquoi ceci et pourquoi cela ».
Et grand Papa, dans son infinie patience, tentait toujours du lui expliquer au mieux ce qu’elle désirait savoir. Il parlait d’une voix douce, toujours entrain de rouler un petit bout de sa moustache blanche qu’Estrella regardait d’un air dubitatif, car elle se demandait sans arrêt pourquoi son grand-père faisait ça. « Ca m’aide à penser lui disait-il, quand je roule la moustache entre les doigts, les réponses me viennent toutes seules » et cela lui suffisait comme explication.

Le soir tombait, Estrella contemplait le ciel entrain de s’assombrir et se parsemer d’étoiles. La constellation d’Orion brillait devant elle, dressée fièrement dans l’immensité. Elle se demandait depuis combien de temps elles étaient là, et combien de temps elles brilleraient encore… Rêveuse et passionnée, une petite larme s’échappa et vint rouler sur sa joue, signe d’un respect profondément ancré dans son âme de petite fille envers une telle beauté.
Elle décida d’aller au lit en pensant à tout ce qu’elle pourrait faire demain, à toutes les questions qu’elle allait encore pouvoir poser à Grand-papa.
Seulement voilà, elle ne trouvait pas le sommeil, son petit esprit ne cesser de fonctionner à la vitesse de l’éclair. Tout le monde dormait, sauf elle. « Si j’allait boire un grand verre de lait chaud se dit-elle, sans doute cela m’aiderait à dormir un peu ». Elle se leva sans bruit et alla en direction de la cuisine. Ses pas ne faisaient aucun bruit sur le parquet de bois tellement elle est légère, car une chose qu’elle avait découverte était qu’on ne faisait pas de bruit sur un parquet en marchant le long des murs.
Mais il semblerait que cette nuit là, Estrella avait autre chose à faire que de boire un verre de lait chaud…
En passant devant la bibliothèque de grand-Papa, qui se trouvait dans une pièce voisine, une chose étrange se produit. Un des livres semblait briller doucement dans la pénombre, d’une douce lueur bleue. Elle se tenait devant la pièce, les deux mains sur les hanches et lorgnant le meuble qui contenait les livres. La lueur palpitait doucement au rythme de sa respiration, elle fit le test pendant quelques secondes, s’arrêta de respirer et s’aperçut que la lumière ne brillait pas. A l’expiration, tout s’éclaira une fraction de seconde, comme si le livre lui-même avait retenu son propre souffle.
Amusée mais fortement intriguée, la petite demoiselle en robe de chambre pris l’unique initiative qui lui paraissait la meilleure…aller voir ça de plus près. Comment diable un livre pouvait émettre de la lumière ? Voilà l’énigme du siècle !!! Mais sans doute pas la plus intéressante…qui sait.
Elle avança à petits pas, la respiration palpitante, se retournant chaque seconde pour être sure que personne ne viendrait troubler ce qui, pour elle, était le plus grand mystère de tous les temps.
Le bouquin respirait aussi, sa lumière filait bon train, suivant en rythme le Sherlock Holmes en herbe. Tout doucement Estrella s’approcha, les yeux comme des billes de verre, aussi pures et grandes que son âme d’enfant.
Quelle étrange chose que ce livre, pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Cette question se retournait cent mille fois à la seconde dans son esprit.
Elle arriva tout près, son joli minois (aussi joli que celui de sa Maman) était totalement éclairé d’un bleu tendre et délicat, doux et attirant.
Elle resta un long moment devant l’ouvrage mystérieux, hypnotisée par le pourquoi, la couleur, le mystère… Elle avança la main dans un geste si lent que ça lui parut une éternité pour l’atteindre, puis posa le bout de son doigt sur la tranche, la remontant jusqu’au plus haut afin de toucher le bord. Appuya dessus puis le fit venir à elle en le faisant basculer sur sa base…Plus rien autour d’elle n’existait que LE livre, le monde aurait pu s’écrouler autour d’elle, qu’elle ne serait pas partie sans découvrir ce qui se cachait derrière tout ça.
Elle le prit dans ses mains, en plus de la lueur, il dégageait une douce chaleur diffuse, sa couverture était faite de cuir brun, avec des empiècements plus foncés sur les côtés, sur la face avant était gravé un gros point d’interrogation, il n’en fallut pas plus à Estrella pour tourner la première page.

La lumière emplit la pièce et recouvrit totalement le visage d’Estrella, elle tenait le livre à pleines mains quand celui-ci se mit à vibrer, déclenchant un bourdonnement sourd. Sous la surprise elle referma l’ouvrage dans un claquement sec puis se réveilla en sursaut dans son lit en plein milieu de la nuit. Etait-ce un rêve ? Elle se demandait vraiment si tout cela venait de lui arriver ou simplement si son imagination ne lui avait pas joué un mauvais tour. En tournant la tête vers sa table de chevet, elle vit le livre posé dessus. Se frottant les yeux, elle alluma la lumière, prit le livre dans ses mains et Ô stupeur, un point d’interrogation était gravé sur le cuir.
Mais il ne brillait point, ni ne dégageait de chaleur, un bouquin tout ce qu’il y a de plus banal si ce n’est que…
Une petite voix dans tête venait de lui murmurer ceci « trouve la réponse aux énigmes et le livre se remettra à briller, tant que tu ne les trouveras pas, rien ne brillera »
La petite fille resta figée un instant puis, sans se démonter, chuchota « qui êtes-vous pour m’imposer cela ? Ce livre ne vous appartient pas !! », « Bien sûr qu’il m’appartient répondit la voix, puisque je suis le livre, veux-tu en savoir un peu plus sur moi ? »
« Oui, j’aimerais savoir à qui j’ai à faire ! » dit-elle avec une pointe d’agacement dans la voix.
« Alors ouvre bien grand tes petites oreilles…
Estrella, toute ensommeillée qu’elle était voilà dix minutes à peine, se retrouvait assise en tailleur sur son lit, les yeux écarquillées et les oreilles ouvertes.
« Ce livre est très ancien, il a été conçut voici plusieurs centaines d’années
Par un magicien de l’ancienne France, un druide. Il s’appelait Victor.
En dehors du fait qu’il était un excellent druide, il était surtout un farceur, alors il créa ce livre. Il écrivit une histoire à l’aide d’une encre magique et lui jeta un sort. Toutes personnes qui désiraient lire cette histoire devaient répondre à quatre devinettes. Sache que je suis l’essence même de la devinette, si tu réponds bien à toutes alors l’histoire apparaîtra d’elle-même et le livre brillera jour et nuit jusqu’à la fin des temps. Par contre, si tu ne connais pas les réponses, il s’éteindra à jamais.
Je te donne quatre jours, un par devinette, et durant ces quatre nuits à la même heure, tu viendras me donner ta réponse. Tu auras droit à un indice pour chaque devinette. Veux-tu commencer tout de suite ? »
Elle était servie, elle qui aimait tant les énigmes se dit que c’était le moment ou jamais de faire preuve d’ingéniosité et de clouer le bec à ce livre prétentieux.
« Ok dit-elle, je suis partante pour résoudre toutes les énigmes que tu me poseras, je suis forte en énigme !! » émis t-elle avec un tout petit doute.
« Alors allons-y voici la première devinette :

Je suis de blé et de sel
Je peux compter le temps
Sombrer dans la folie
Ou n’être que poussière.
Que suis-je ?
Voici l’indice : On m’a posé sur un damier et je me suis multiplié.
On ne recherche que sa forme, pas de quoi il est composé.

« Maintenant je te souhaite une bonne nuit et te dis à demain »
La voix cessa, et Estrella reposa le livre sur la table de chevet, le sommeil commençait à la gagner et elle s’endormit presque sans s’en rendre compte.


(Nous sommes en l’an de grâce 1194, Victor est assis à sa table, une plume à la main, son esprit vagabonde, il à souvent la tête ailleurs. Devant lui est posé un livre, dans lequel il compte y mettre une bien jolie histoire, il en a assez de ces formules magiques à répétition, il a envie d’écrire quelque chose de nouveau. Seulement, son esprit joueur le pousse à faire quelque chose qui l’amuse, il va jeter un sort à ce livre, pour que seuls les esprits les plus malins puisse lire ce qu’il va conter. Il dit tout haut « ça sera le petit grain de sable dans le rouage bien huilé de la magie ».)


Le jour commence à se lever, les oiseaux déploient des trésors d’imagination pour faire du réveil d’Estrella le plus beau qu’il soit.
Toute embrumée, elle à en tête un rêve étrange, un vieux monsieur à la barbe blanche, assis à une table et disant quelque chose à voix haute. Elle se rappelle parfaitement cette phrase, mais elle ignore totalement ce qu’elle signifie. Elle se rappelle très bien aussi de la devinette posée par la voix du livre. Elle sait que si elle veut que le livre dévoile son histoire il va falloir qu’elle se creuse les méninges, au point d’en faire fumer ses oreilles se dit-elle en souriant. En souriant, certes, mais l’heure était grave, comment allait-elle trouver la réponse à la première énigme ?
Grand-papa et Grand-maman étaient assis à la table entrain de prendre le petit déjeuner. « Bonjour ma petit chérie, lui dit son grand-père, as-tu fais un bon dodo ? »
« Oui dit-elle, mais j’ai fait un rêve bizarre » qu’elle s’empressa aussitôt de raconter.
« Tu as donc trouvé le livre lui dit son grand-père, je savais qu’un jour où l’autre tu finirais par mettre la main dessus, je te connais si bien, je me doutais que tu serais tentée de trouver les énigmes, je ne l’ai jamais ouvert, je l’ai acheté il y à bien longtemps déjà, le libraire m’a raconté son histoire, je dois bien avouer qu’au début je ne l’ai pas cru mais l’idée était drôle alors je l’ai pris. Puis un soir où j’étais installé dans mon fauteuil favori, mon regard a été attiré par la lumière qu’il dégageait, et là j’ai compris aussitôt que l’histoire du libraire était vrai. Et comme je sais que tu adores les mystères, je me suis dit que celui-là serait sans doute le plus grand que tu puisses découvrir. Oh mais dis-moi quel joli petit grain de beauté tu as là sur la joue, je ne l’avais jamais vu. »

Puis soudain une petite voix devenue presque familière se fit entendre :
« Ah ah…il semble que le puzzle se mette en place »
Estrella eut l’air tellement surprise que son grand-père lui en fit la remarque « quelque chose ne va pas ? Lui demanda t-il »
« Si si lui répondit-elle avec un petit sourire »
« Allez finit ton chocolat avant qu’il ne refroidisse ».
Une fois le petit déjeuner avalé, elle courra dans sa chambre, sortit un petit calepin de sa table de chevet et commença à écrire : grain de beauté
Quelque chose l’interpellait mais…quoi ?
Sans doute, se dit-elle, qu’il aurait été plus facile de poser la devinette à quelqu’un afin qu’elle obtienne une réponse rapide, mais le jeu état trop beau pour qu’elle en fasse quelque chose de simple.

De retour dans le salon, elle commença à fouiller parmi les livres de la bibliothèque ce qui pourrait la mettre sur la voie, passant de longues minutes, mais au final elle ne savait pas exactement ce qu’elle cherchait.
A mesure que la journée avançait, Estrella commençait à désespérer, regardant le sel dans la cuisine, la devinette en parlait, elle le fixait intensément, faisant chauffer son esprit à blanc.
« Le cuir en possède un » rajouta son grand père, qui la regardait hypnotiser la salière.
Estrella ne comprenait vraiment pas pourquoi grand-papa lui disait ça. Que savait-il de tout ça puisqu’il n’avait jamais ouvert le bouquin ?
Le soir tomba, accoudée à la fenêtre, regardant Orion, elle s’aperçut que la belle étoile rouge scintillait plus que d’habitude, complètement dépitée de n’avoir pu trouvé la réponse, elle se glissa entre ses draps, pris le livre dans ses mains et attendit, attendit encore, puis soudain la voix  se fit entendre « alors, as-tu trouvé la réponse à la devinette posée la nuit dernière ? »
D’un ton amer, Estrella répondit que non…  « Je n’ai pas trouvé ce que tu m’as demandé dit-elle dans un profond soupir de désolation, je pensais pouvoir mais j’ai échoué, me laisses-tu une seconde chance pour la deuxième devinette ? » demanda t-elle au bord des larmes ?
« Cherche au fond de toi, laisse-toi aller si tu as envie de pleurer, ça te fera du bien, et dis-toi bien que ce n’est pas la fin du monde »
Elle se mit à pleurer sans retenue, cela lui tenait tellement à cœur...tellement, une larme coula sur son visage puis vint s’écraser sur la couverture du livre, elle l’essuya en passa un doigt dessus puis…
« Le cuir en possède un dit-elle tout haut !!!! Le grain, le grain du cuir, de sel, de blé !!! J’ai trouvé, j’ai trouvé dit-elle tout fort au risque de réveiller ses grands-parents qui dormaient non loin de là. »
« Je suis fier de toi lui dit la voix, vraiment très fier, tu vois comme quoi il n’est nullement nécessaire de chercher trop loin, tout vient à point »

Elle en était tellement heureuse, dans la chambre à côté, son grand-père s’endormit avec un léger sourire.

« Bien lui dit le livre, regarde moi à présent »
Estrella regarda le livre puis une partie de celui-ci se mit à briller de la jolie et tendre lumière bleue. Le sourire sur son visage indiquait tout le bonheur du monde.
« Voici donc la seconde devinette dit le livre »

Tu pourras me garder ou bien me partager.
Mais si tu me partages, alors je disparais.
La parole est d'argent
Le silence est d'or
Je suis un véritable trésor

Et voici l’indice : La trahison à de vilaines conséquences parfois.

Maintenant je te souhaite une bonne nuit ma petite. »
« Bonne nuit esprit du livre, dit-elle » et elle s’endormi dans un profond sommeil.

(Victor trouvait cela un peu trop facile et décida de corser un peu le tout. « L’histoire de ce livre ne doit jamais sortir de la famille et personne ne doit en parler, surtout pas »
Et il jeta un second sort.)


Dès son lever Estrella sut que sa journée serait belle et riche car plus que jamais les oiseaux n’avaient autant chanté ce matin là. Et l’échange avec Grand-papa le confirmera. Elle était heureuse d’avoir pu découvrir une partie du mystère. Mais encore une fois, elle se rappela un rêve, pas le même que celui de la nuit précédente, mais toujours ce vieux monsieur à la barbe blanche. Elle se doutait maintenant que ceci avait un rapport avec la devinette posée par le livre…mais jusqu’où cela avait-il un sens ? Bien sur elle était maligne comme un petit singe, mais certaines choses la dépassaient.
Elle pensa de suite à une chose, appeler sa meilleure amie pour lui parler de tout ça, elle tourna en rond un long moment de la journée, se demandant si vraiment il fallait le faire et…Grand-papa passa par là.
« Tu as l’air bien pensive lui dit-il, encore une énigme que tu n’arrives pas à résoudre ? Il éclata de rire et de bon cœur, Estrella esquissa un petit sourire en coin l’air de dire « si toi tu trouves cela drôle, pas moi…puis elle dit à voix haute : Je ne sais pas quoi faire, je suis partagée entre l’envie d’en parler à ma meilleure copine mais, quelque chose me retient de le faire, sais-tu pourquoi ? » Il allait de soi que cette question était loin d’être anodine et sans intérêt, mais cela, Grand-papa l’avait fort bien senti, ce à quoi il répondit :
« Tu sais ma petite chérie, tu as toute la vie devant toi, et tu apprendras avec le temps que de trop parler peu nuire au bien-être de la personne désireuse d’en dire trop, car une fois ce que tu sais partagé, et que la personne à qui tu l’as dit va le répéter à tout le monde, que va-t-il se passer ? »
« Bien, disons que je risque d’en entendre parler longtemps, pas toujours en bien je me dis, surtout si ce que je dis est important à mes yeux mais sujet de moqueries par les autres…alors…encore une fois, Papy, je crois que tu as raison. Mais dis-moi une chose, comment peux-tu m’éclairer sachant que tu n’est pas sensé savoir ce que cache ce livre ? »
« Disons que dans toute une vie comme la mienne, ils arrive souvent qu’on ressente des choses que personne d’autre ne peut sentir, et encore plus quand il s’agit d’aider un membre de sa famille, tu es ma petite-fille chérie et je sens le besoin de t’aider, j’ai juste à… » Il n’eut pas le temps de finir qu’elle reprit « tu as juste a rouler ta moustache entre tes doigts dit-elle avec un immense sourire »
« Voilà tu as trouvé, encore un mystère dévoilé par ma petite chérie, allez, va vite brosser tes dents et faire un bon dodo…bonne nuit »
« Bonne nuit mon Papy…mais Papy !!! Je n’ai pas trouvé la réponse à la devinette »
Il lui fit un grand sourire et un clin d’œil puis alla dans sa chambre.
Estrella, un peu effondrée, n’avait résolu que la moitié de l’énigme, lui manquait LA réponse.
Elle marcha jusqu’à sa chambre en traînant les pieds, les larmes recommencèrent à couler d’elle-même, elle se disait que parfois la vie était vraiment injuste avec les enfants, elle commençait à en vouloir un peu aux adultes d’inventer des devinettes aussi dures…
Elle s’accouda une nouvelle fois à la fenêtre et regarda Orion le grand, son étoile rouge ne brillait guère ce soir, un peu comme si elle accompagnait la tristesse de la petite fille. Estrella dit à haute voix « Vous en faites bien des mystères, vous étoiles, combien de fois a-t-on du vous confier des choses, des bêtises comme de magnifiques sentiments, je comprends qu’il faille  garder le secret à propos de ce livre mais à toi je peux le livrer car je sais que tu ne répètera jamais et…Elle parti d’un bond sur son lit et prit le livre en riant aux éclats, elle attendit et la voix se fit entendre :
« Bonsoir jolie petite demoiselle, alors as-tu trouvé la réponse ? »
« Oui oui oui, je l’ai trouvé c’est le secret, le secret !!! »
« Bravo, je vois que tu es quelqu’un de très perspicace, comment as-tu fais ? »
« En parlant à mon étoile favorite »
« A ton étoile favorite ? Montre-moi laquelle est-ce. »
Estrella se leva avec le livre dans ses mains, le cala au creux de son coude face au ciel et dit « tu vois la belle étoile rouge là ? Eh bien c’est elle mon étoile favorite »
« Ho ho dit le livre, je vois, elle s’appelle Bételgeuse »
« Tu en sais des choses toi, mais, si on me prend à parler à un livre on va dire que je suis folle dit-elle en riant, puis son visage se figea puis elle demanda, sais-tu pourquoi elle ne brille guère ce soir ? »
« Il se passe quelque chose de très très important pour elle ce soir, quelque chose en elle est entrain de se produire, elle à besoin de toute son énergie pour arriver à ce qu’elle veut, alors elle se met un peu en veilleuse »
« Rien de grave j’espère ? »
« Non rassure-toi je dirai même qu’il se produit quelque chose de magnifique, mais pour finir, ce que je voulais te faire comprendre c’est qu’un secret ne se partage pas, quand on te fait confiance, ça solidifie les liens entre les humains, ce livre est un secret…tant qu’il le restera, tout ira bien, comprends-tu ce que je veux te dire ? »
« Je crois que oui, même à mon étoile je ne lui en ai pas parlé »
Le livre eu un petit rire et dit « A elle tu pourras lui dire tous les secrets que tu veux, non pas parce qu’on sait qu’elle ne dira rien, mais parce qu’elle est un peu comme toi, elle a un secret, et je crois que ce genre de secret n’est important que pour les gens qui ont une âme comme la tienne, belle et pure et que si elle ne connaît pas le tien ni toi le sien, garde bien en tête qu’il n’y a rien de plus important que de garder de tels trésors rien que pour toi, cela t’aidera à avancer car tu auras vécu des choses qui te permettront d’être plus forte, plus heureuse et compréhensive. Ce que je sais aussi, c’est que cette étoile t’aime autant que tu l’aimes. Maintenant il est l’heure d’aller faire un gros dodo…mais avant ça…la troisième devinette :

Je marche en restant immobile.
Je m'arrête sans avoir bougé.
Bien que jamais je ne descende,
Il faut toujours me remonter.

Et voilà l’indice qui va avec : tu vas être en retard !!

« Bonne nuit petite demoiselle »
« Bonne nuit petit bouquin »

(Victor ne put s’empêcher une nouvelle fois de mettre son « grain de sel » dans le livre. Il est réveillé tous les matins par le chant du coq, cela lui rappelle combien les jours passent…vite, comme ils s’enchaînent.
« Celui ou celle qui découvrira l’énigme de mon livre dans le temps imparti, sera inévitablement touché par le sort le plus grand et le plus beau, celui de vivre heureux jusqu’à le fin de sa vie. A l’aube du cinquième tintement. »)

Ce matin là, les oiseaux ne chantaient pas…l’atmosphère était pesant, il semblait planer quelque menace sur la tête de la jeune fille. Ce matin elle avait peur, rien ne concernant la résolution de ces énigmes, elle venait bien de se rappeler le rêve…celui où le vieux druide promet une vie bienheureuse au découvreur des mystères. Aujourd’hui tout lui paraissait insurmontable. En fait elle n’en avait que faire de la devinette, puisqu’elle avait déjà trouvé la réponse, c’est le réveil. D’ailleurs cela lui sembla très facile, trop, mais sans doute en était-ce ainsi. Rien à voir non plus avec ce qu’avait dit Victor, bien que ça l’interpellait tout de même, elle y réfléchirait plus tard. Non aujourd’hui était un jour particulier. En fait ce qui la perturbait le plus, était ce que lui avait dit le livre la veille au soir, cette « liaison » entre l’étoile et elle, il a bien dit « l’étoile t’aime autant que tu l’aimes », en aucun cas elle ne pouvait savoir ce qui allait se produire bientôt, elle savait juste que quelque chose n’allait pas. Pas comme une catastrophe irréversible, mais comme un enjeu.
Puis cette idée la quitta un moment, puis elle repensa au sort jeté par le vieux druide, quel sort merveilleux pensa t-elle, mais est-il seulement possible de vivre comme il a dit ? Quand on voit tout ce qui arrive dans le monde…et puis si j’y arrive, combien de temps me faudra t-il ?
« Tu sais, si on tient compte seulement de ce que tu es et de ce que tu apporteras aux gens qui t’entourent, je crois que tu y arriveras très vite » lui dit son grand-père, qui se tenait juste à côté d’elle.
Estrella lui tendit un sourire des plus merveilleux, celui d’un ange avec de beaux yeux verts puis dit à son tour « je crois que j’y arriverai ».
Ils passèrent la journée à discuter de tout, de rien, de la vie, Estrella était de loin une petite fille plus qu’exceptionnelle. Tout comme sa Maman d’ailleurs.
Après le dîner, Estrella alla dans sa chambre afin de se coucher bien sur, mais elle était aussi pressée de vérifier ce quelque chose qui la perturbait depuis son levé. Et ce qu’elle pressentait était juste, en s’accoudant à la fenêtre ce soir, elle découvrit que Bételgeuse avait disparu, la panique la gagna, la panique mais aussi la tristesse, celle d’avoir perdu la meilleure amie et confidente qu’elle n’ait eu jusque là et qu’elle ne retrouverait nulle part ailleurs. Puis dans le reflet de la vitre, elle crut voir quelque chose passer, quelque chose d’incertain, puis se disant que ses yeux étaient mouillés, elle en conclut qu’elle avait rêvé. Elle s’assit sur son lit, ses yeux dans le vague comme si la pire des catastrophes venait de se produire, pour elle ça n’était pas comme si, c’était bien LA plus grande des catastrophes !
Elle prit le livre dans ses mains et attendit.
Puis la voix se fit entendre :
« Bonsoir petit étoile » lui dit-il
« Ne m’appelle jamais plus comme ça lui jeta t-elle, plus jamais tu m’entends ? »
« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda le livre
« Tu veux vraiment le savoir ? Eh bien MON étoile ne brille plus, et brillera
Plus jamais ! » Dit-elle dans un sanglot étouffé.
« Mais elle brillera de nouveau, je t’assure qu’elle brillera encore, et ceci
Rien que pour toi, j’en suis certain »
« Tu me le promets ? C’est bien vrai ? »
« Oui c’est promis. »
Estrella sécha ses larmes
« Je sais que tu as trouvé l’énigme du réveil, ceci n’était qu’une simple énigme je te l’accorde, je te savais maligne et intelligente mais je m’aperçois finalement que ça va bien au delà de ça. Je ne parle pas de ta capacité à résoudre, car tes preuves ne sont plus à faire, mais je parle de ta compréhension de la vie. Ce qu’à dit Victor dans ton rêve t’a touché plus que ce que tu aurais pu imaginer n’est-ce pas ? »
« Oui avoua t-elle, le sort dont il a parlé voulait dire bien plus je pense mais je ne comprends pas tout »
« Ne t’inquiète pas le moment viendra »
Elle avait l’impression d’entendre son Grand-papa. Ca lui donnait presque froid dans le dos.
« Bien, je vais te poser la dernière énigme, je compte sur toi

Je suis un homme
Je suis une femme,
Je ne suis ni homme, ni femme

Et voici l’indice : Elle ne sert pas qu’a cacher des choses, mais elle apporte aussi le bonheur, une fois. »
Le livre livra une nouvelle part de lumière bleue. Une partie manquait encore…une seule et unique partie.

(Victor se décida enfin à jeter un dernier sort à son livre pour que tout soit complet et dit à voix haute comme si il écrivait : « Personne n’est derrière elle, mais tu la vois comme telle quand tu ne la regarde pas dans les yeux »…et Victor referma son livre.)

Ce matin-là, Estrella avait l’étrange impression que tous les oiseaux du monde s’étaient donnés rendez-vous devant sa fenêtre pour le concert de l’année.
Autant la veille tout était morne et insipide, autant aujourd’hui elle savait qu’il allait se passer quelque chose…quelque chose de grandiose.
Sauf quand Grand-papa lui demanda d’aller chercher le râteau qui se trouvait dans la remise au fond du jardin. Ce qu’elle fit, partit d’un pas léger et guilleret en direction de la petite cabane.
Elle ouvrit la porte, mais le soleil ne donnait pas dans la bonne direction, toute la partie à droite se trouvait masqué dans l’obscurité, le râteau comprit.
Au moment de se tourner, elle posa le pied où il ne fallait pas, juste sur les dents du râteau et le manche se redressa brusquement, à peine eut-elle le temps de le voir arriver qu’elle tenta de l’éviter. Celui-ci toucha sa tête mais sans grand mal, elle pesta contre lui, se frotta vivement l’endroit touché puis se mit à rire, se disant que la prochaine fois elle ferai plus attention.
Elle revint vers son grand-père, tenant le maudit râteau triomphalement.
« Merci » lui dit-il « maintenant va dans la bibliothèque, je crois que j’ai oublié ma casquette sur le fauteuil, ramène-le moi s’il te plaît »
« Oui Papy c’est comme si c’était fait » puis elle parti en courant en direction de la pièce par laquelle le mystère était apparu.

Tout était sombre là-dedans, les volets étaient baissés au maximum, seuls filtraient de petits point de lumière provenant de l’extérieur. Elle se tenait au milieu de la pièce, il n’y faisait pas particulièrement chaud mais elle senti comme une vague de chaleur, un peu comme à la mer avec un courant passager. Puis son œil fut soudain attiré par une forme dans le coin gauche de la pièce, mais quand elle regardait en face elle ne voyait rien, seulement quand son regard fuyait l’endroit précis.
Elle eut si peur qu’elle s’enfuit  à toutes jambes retrouver son grand-père.
« Papy, Papy, criait-elle j’ai vu quelque chose dans la bibliothèque, j’ai vu quelque chose !!! »
« Allons ma petite chérie de quoi parles-tu ? »
« J’ai vu quelque chose dans la bibliothèque, je ne sais pas ce que c’était, y’avait une forme tapit dans l’ombre ! »
« Bon, je suis sur que ton imagination te joue des tours, pour cela je vais te donner un précieux conseil, l’ombre peut jouer des tours alors ne la regarde jamais en face »
« J’ai peur de ne pas tout bien comprendre mais je suis d’accord avec ce que tu dis, ce que j’ai vu m’a fiché une de ces trouilles ! »
« Viens avec moi »
Ils se dirigèrent vers la bibliothèque, Estrella se tenait derrière son Grand-père en lui tenant la main si fort qu’il lui demanda si elle avait mangé des épinards ce midi. Ils entrèrent dans la pièce et Grand-papa demanda « où as-tu vu cette « chose » ?
« Là sur la gauche » dit-elle sans avancer plus que ça.
Il se dirigea donc dans cette direction, fit un geste de la main et tira sur une cordelette. Puis la grande lampe s’alluma.
La petite fille eut un énorme soupir de soulagement puis se mit à rire, et Papy aussi…ils repartirent mais en direction de la cuisine cette fois pour y déguster un bon verre de lait et des gâteau que Grand-maman avait préparé.

Le reste de la journée se passa sans encombre, le soir tombait et Estrella eut un pincement au cœur avant de se ruer sur le ciel étoilé. Elle avait trouvé la solution de la dernière énigme, même si elle ne l’avait pas dit tout haut. Elle ne sait pas ce qu’elle a vu dans le reflet de la fenêtre hier soir, mais même les yeux mouillés, ça ressemblait beaucoup à une ombre.
Elle vint enfin s’accouder sur le rebord et leva la tête doucement, comme pour se dire qu’en faisant ça, ça allait faire réapparaître SON étoile. Elle leva encore, encore, tout doucement puis finalement s’aperçut qu’elle n’était toujours pas là. Profondément déçue, sans même lever les yeux sur le livre, elle s’assit sur le rebord du lit, puis, prit quand même le livre entre ses petites mains et attendit, attendit encore, encore mais aucune voix ne se fit entendre. Double déception ce soir.
Son Grand-père entra dans la chambre, sachant que ça n’allait pas fort pour sa petite fille chérie.
« Papy, pourquoi le livre ne veut pas livrer son histoire ? J’ai pourtant trouvé toutes les énigmes » demanda t-elle.
« Sans doute lui manque t-il un petit quelque chose, un petit quelque chose qui pourrait rappeler le grain du cuir qui le recouvre »
« Encore une énigme n’est-ce pas ? »
« Oui ma chérie, encore une, et la dernière, mais tu ne la trouveras pas »
A ces mots, la petite fille devint toute pâle
« Comment ça je ne la trouverai pas ? » dit-elle sur un ton de panique mêlé à de la peine « pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? »
« Ne t’inquiète pas, lui dit-il, tu ne la trouveras pas mais c’est elle qui te trouvera »
« Ah bon tu m’as fait peur, j’ai bien cru un instant que mes efforts ne seraient pas récompensés »
« Ils le seront, soit sans crainte, par contre, après tous ces efforts, comme tu le dis, je suis étonné d’une chose ! »
Estrella ouvrit ses grands yeux verts (les même que ceux de sa maman) et dit :
« De quoi peux-tu être étonné ? Toi ! »
« Je suis étonné que tu ne te sois jamais posé la question à savoir pourquoi je m’appelle… Victor »
La petite fille lâcha le livre, bouche bée, et bafouilla » tu… tu… non ce n’est pas possible papy, non non non, pas possible du tout du tout du tout. »
« Pourtant si, tu le sais que je m’appelle Victor, allez maintenant il faut que tu dormes, un jour je te dirai si ce que tu penses est juste ou pas, mais ce n’est pas là la chose la plus importante, crois-moi sur parole »
« Mais… ? »
« Bonne nuit mon Ange »
« Et cette histoire de libraire alors ?»
« Je te dirai un jour »
Estrella avait beaucoup de mal à le croire et pourtant, ça ne paraissait pas si bête, elle trouvait qu’il en savait beaucoup trop sur la vie…des devinettes. Elle resta interloquée un long…très long moment puis finit par se convaincre que cela était impossible.
Au moment d’éteindre la lumière, quelque chose attira son regard dans l’encadrement de la porte, une ombre, elle avait bien vu une ombre, cette fois-ci elle ne rêvait pas. Elle se leva dans sa direction et s’approcha d’elle, l’ombre avança d’un pas vers la petite fille et se découvrant à la lumière, elle apparut sous la forme d’une très belle femme, aux longues boucles brunes, et yeux d’un vert si perçant et pur, qu’Estrella n’eut pas la moindre peur, n’émit pas le moindre cri…elle tenta quand même un « qui êtes-vous » assez maladroit mais la jeune femme lui parla d’une voix douce « Bonsoir Estrella, je m’appelle My-Lha, je suis venu t’apporter un message de la part de TON étoile »
« Co…comment ça ? » bafouilla t-elle
« Je suis sa vie en quelque sorte, une partie de son destin, elle m’envoie simplement te dire qu’il ne faut plus que tu pleures et que ton Amour pour elle sera récompensé très très bientôt, car comme je suis Elle, je suis aussi celle que tu aimes, et je suis celle qui t’aime.
Tu n’imagines même pas ce que tu représentes pour moi Niña Estrella, enfin, oui tu le sais, et je veux que tu saches une chose, c’est que tu es sans aucun doute l’âme la plus pure qu’il m’ait été donné d’avoir, mais je dois maintenant te laisser car j’ai une mission à accomplir.
« Ne pars pas s’il te plaît, ne pars pas… »
« Il le faut si tu veux continuer d’admirer Bételgeuse, lui dit-elle « Sais-tu ce que signifie Bételgeuse ? »
La petite répondit non d’un signe de tête.
« Cela est tiré d’une expression orientale « ibt al-ghül » qui veut dire « l’épaule du géant » et c’est ici même que je dois retourner, quelqu’un m’attends là-haut, quelqu’un que j’aime, et qui, grâce à lui te permettra de voir TON étoile briller à nouveau. »
Estrella baissa la tête, pleine de tristesse puis la releva en disant :
« Tu sais dit-elle il me manque encore quelque chose pour faire apparaître l’histoire » elle montra la page vierge à My-Lha.
Celle-ci la regarda, regarda Estrella, la serra très fortement dans ses bras en lui disant ces mots : Tu es un Ange véritable Estrella, pour un peu, je t’aurai appelé MON Ange, je t’aime. »
En se redressant, la petite fille vit que My-Lha pleurait, pas une larme comme en pleurent les humains, mais une larme bleue, pure et lumineuse, celle-ci roula sur sa joue et vint finir sa course sur la première page du livre. Partant du coin, une jolie lumière bleue se propagea partout et découvrit peu à peu le titre et le début du paragraphe dans une magnifique aura :





BALADE EN FORÊT

Un mystère est un secret, un secret, un mystère, la forêt de Brocéliande en recèle plus d’un. Par delà les millénaires écoulés, les originaires ont chanté ces secrets sans ne jamais les dévoiler…


My-Lha se leva et pris Estrella par la main pour l’accompagner jusqu’à la fenêtre puis elle déposa un baiser sur le front d’Estrella et le temps que la petite fille ferme les yeux, elle avait disparu. Estrella s’accouda à la fenêtre et leva les yeux au ciel. A l’endroit précis où se tenait SON étoile, un petit point rouge commença à poindre, puis de plus en plus vif jusqu’à devenir plus brillant encore que d’habitude. On pouvait lire dans ses yeux tout l’Amour qu’elle portait au ciel, tout l’Amour que le ciel lui portait. Surtout Son étoile…
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LoveBagels
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MessageSujet: Re: A lire, si ça vous chante...   Mer 10 Nov 2010 - 12:14

Et pour la foule en délire, voici le troisième et dernier volet de la trilogie :

… puis le petit être qui viendrait quelques mois plus tard leur apporterait l’immense joie, venant compléter celle de leur Amour et de leur Union.

« Voilà l’histoire est terminée tu veux que je… » Yvan s’arrêta, regardant sa petite Pauline, 11 ans, il comprit qu’il n’avait pas besoin de lui proposer une verre d’eau avant de dormir…puisqu’elle était déjà plongée dans les bras de Morphée. Son petit visage esquissait encore un léger sourire, certainement a-t-elle entendu tout juste la fin de l’histoire que venait de lui conter son papa, probablement se dit-il…refermant doucement le livre il regardait d’un drôle d’oeil le point d’interrogation qui ornait la couverture de cuir brun. Emilya, entra dans la chambre à pas de velours et lui dit « elle s’est enfin endormie, j’espère qu’elle ne fera plus ce rêve, il n’est pas méchant, bien au contraire, mais ça l’empêche de dormir trop souvent.
Je sais dit-il, je ne sais pas si tu as remarqué mais j’ai l’impression que c’est depuis que j’ai commencé la lecture de ce conte »
« Oui dit-elle, combien de temps ? Une semaine ?
« A peu près » répondit-il
Elle se pencha sur sa fille et lui posa un baiser sur le front, ils sortirent de la pièce puis elle passa ses bras autour du cou de son mari, l’embrassa tendrement et lui dit « tu sais, je pense qu’il faudra sans doute la faire voir par un médecin si cela continu trop longtemps »
« Tu as raison, mais je ne l’aurai pas fait si je ne savais pas que ta mère n’avait pas souffert du même trouble, comment et quand est-ce apparut chez elle ? »
« Il y a fort longtemps déjà, elle n’était encore qu’une petite fille, mon arrière grand-père avait, paraît-il, acheté ce livre à un libraire lui disant qu’il était…magique. Je n’en connais ni la véritable histoire, ni la réelle provenance pour être franche, mais je sais que les premiers symptômes sont arrivés peu de temps après qu’elle l’ait lu, mes grands-parents ont fait tout ce qu’ils ont pu pour la faire soigner du mieux possible mais elle est restée longtemps, trop longtemps sans doute, hantée par ce rêve. »
« Le même que fait Pauline toutes les nuits »
« Oui exactement le même »
« Allons nous coucher s’il te plaît » demanda t-il
« Bien sur mon chéri »

Le lendemain matin, Pauline vint  rejoindre ses parents dans la cuisine, elle paraissait encore bien fatiguée, ses yeux verts, si éclatants habituellement, étaient non seulement encombrés de sommeil, mais aussi cerclés de noir.
« Mon bébé, lui dit son père, vient me voir s’il te plaît »
Pauline vint s’installer sur les genoux de son père après avoir fait un gros bisou à sa Maman, puis à son Papa.
« Tu as encore fait ce rêve n’est-ce pas ? »
« Oui Papa »
« Raconte-le nous à maman et à moi encore une fois tu veux bien ? »
La petite fille hocha la tête en signe d’approbation et commença :
« Je vois une épaisse forêt, quelque chose d’anormal est entrain de se passer et je sens un dur combat entre deux personnes, mais je ne peux pas dire qui c’est car je ne le sais pas, je ne vois pas ce qui se passe.
Puis juste à côté de moi il y a quelqu’un, un vieux monsieur à la barbe blanche et longue qui se promène, il s’appelle Victor, c’est grand Maman qui me l’a dit »
Sa mère l’interrompit brutalement : « arrête une seconde s’il te plaît, comment ça c’est grand Maman qui te l’a dit ? »
Pauline reprit « oui, elle est venu me voir après mon rêve »
« Es-tu bien sure que c’était elle ? »
« Oui Maman, c’est elle-même qui me l’a dit, elle m’a dit :
Bonsoir ma chère petite fille, je m’appelle Estrella, je suis ta grand-mère, et je sais quel rêve tu es entrain de faire en ce moment car j’ai très longtemps fait le même, le vieux monsieur que tu vois dans ce rêve s’appelle Victor, c’est lui qui à écrit le conte que ton Papa te lit le soir, je le sais car j’en ai rêvé aussi « Voilà ce que m’a dit grand-mère » dit la petite fille.
« C’est à peine croyable dit Emilya, j’ai aussi lu ce livre mais je n’ai jamais fait tous ces rêves là. »
« Sans doute que ça doit sauter des générations…autrement je ne vois pas ce que ça pourrait être »
« Continues » lui dit sa mère
« Alors je vois Victor, je le vois ramasser quelque chose, regarder, mettre dans sa poche et partir au loin. »

« Tu n’as absolument aucune idée de ce que cela peut-être ? »
« Non aucune, à part que grand-mère m’a dit aussi qu’elle était très liée à Victor »
Emilya dit à Yvan « Mon grand-père s’appelait Victor lui aussi »
« Et tu en penses quoi toi ? demanda Yvan. Que c’était la même personne ? Ça fait beaucoup quand même, le Victor qui à écrit le livre aurait donc existé mais en plus aurait été ton arrière grand-père ? Pas pour moi tout ça »
« Tu ne me crois pas ? » lui dit Pauline
« Si, bien sur mon cœur, mais il y a des choses qui semblent trop….comment dirais-je, anormales, mais ce n’est pas en rapport direct avec ton rêve. »
« Allez Pauline, dit sa Maman, prépare-toi sinon tu vas être en retard pour l’école. »
La fillette parti dans sa chambre pour s’habiller tandis que ses parents restèrent un moment encore à discuter.
« Tu sais si ta mère a eu des apparitions aussi ? » demanda Yvan
« Non, aucune. Du moins si c’était le cas elle n’en a jamais parlé, tu sais elle restait assez évasive sur tout ça, et je crois aussi qu’elle en savait plus qu’elle ne voulait en dire. »
« J’ai vraiment l’impression de vivre dans un délire, malgré cela, l’histoire est vraiment superbe, ce fameux Victor savait écrire. »
« Oui et mon intuition me demande suivre une autre voie si tu veux savoir. »
« Et laquelle ? »
« Disons que ce ne sont pas des intuitions au sens propre mais plutôt des suppositions qui se tiennent, Victor aurait inventé cette histoire, mais si elle était vraie, il y aurait des rapports convergents, chéri, notre fille est une sorcière dit-elle en éclatant de rire »
Yvan trouva son humour assez moyen mais finalement pris le parti d’en rire.
« Elle va nous jeter des sors » dit-il avec une grosse voix, tendant les deux bras et en ouvrant les yeux très très grand tandis qu’il s’avançait vers Emilya. Elle se mit à rire, Yvan avait dans l’idée de prendre son beau visage entre ses mains pour lui donner un long et doux baiser, ce qu’il fit donc.
Le soir même, les parents se trouvèrent un fois de plus inquiets à l’idée que leur fille ferait encore ce rêve, ils décidèrent de veiller sur elle une partie de la nuit, s’imaginant sans doute pouvoir déceler quelque chose qui les mettrait sur une quelconque piste. Et leur attente fût plus que récompensée.
Vers une heure du matin, Pauline commença à gémir en se tournant de droite et de gauche et en marmonnant des mots incompréhensibles.
Emilya s’était endormie, mais Yvan s’approcha d’elle doucement pour la réveiller, elle sursauta sans bruit et son mari lui demanda en chuchotant de tendre l’oreille en direction du lit. Il avait prévu de prendre avec lui un magnétophone qu’il mit en route aussitôt. Mais cela ne servit pas à grand-chose, Pauline se mit à parler certes, mais dans un langage totalement  
Indécodable, puis se rendormit presque instantanément. Il était une heure dix.
Ils attendirent encore un long moment, mais plus rien ne se passa, ils décidèrent donc d’aller se coucher. En tournant le dos à la chambre, ils n’eurent pas la moindre idée de ce qui allait se passer à l’intérieure de celle-ci. Une lueur bleue venait d’éclairer le dessous de la porte.

Au matin, Pauline ne se leva pas, inquiets, ses parents allèrent voir dans la chambre et Emilya et mis sa main devant la bouche pour étouffer un cri. Yvan, qui se tenait derrière elle n’avait rien vu et pris sa femme dans ses bras en la détournant du lit.
Il la regarda dans les yeux et lui demanda ce qu’il s’était passé. Emilya encore toute affolée ne parvint à s’expliquer qu’au bout d’une bonne minute.
« Elle flottait au-dessus d’elle-même, elle flottait au-dessus d’elle-même » répétait-elle toute affolée… A son teint pâle, et sachant les problèmes récents, son mari ne pu s’empêcher de la croire. Emilya sortit de la chambre tandis qu’Yvan réveilla sa petite fille.
« Ma puce, il est l’heure de se lever »  lui dit-il doucement
Pauline ouvrit ses grands yeux verts si délicats, toute embrumée de sommeil elle lui dit « Bonjour mon Papa », tendant ses lèvres pour lui poser un baiser sur la joue « Victor est venu me voir… »
Yvan eu un mouvement de recul mais pas suffisamment perceptible pour la fillette.
« Viens vite sinon tu vas te mettre en retard pour l’école »
« Oui mon Papa j’arrive, tu sais Victor m’a dit que… » Yvan ne lui laissa pas finir sa phrase et coupa net « dépêche-toi ».

Tandis que Pauline finissait de se préparer, Yvan dit à sa femme « tu n’imagines même pas ce qu’elle m’a dit a son réveil…elle a dit que Victor était venu la visiter »
Emilya, encore sous le choc de ce qu’elle avait vu, avait les yeux un peu dans le vague et demanda distraitement à son mari de répéter ce qu’il venait de dire.
« J’ai dit : notre fille m’a dit à son réveil que Victor était venu la visiter »
« A t-elle dit autre chose ? »
« Non, je ne le lui en ai pas laissé le temps, j’ai prétexté son retard donc je ne l’ai pas laissé finir »
Pauline arriva sur ces entrefaites.
« Ma chérie, dit son papa, tu nous diras ce soir ce qu’il s’est passé cette nuit dans ta chambre tu veux bien ? »
« Bien sur Papa » elle s’approcha de ses parents pour leur faire un gros bisou puis parti prendre son bus.
Sa maman la regardait s’éloigner, ne sachant plus quoi faire pour mettre fin à toute cette histoire.
« Tu vas rester à la maison aujourd’hui, il est absolument hors de question que tu ailles travailler dans cet état » ordonna Yvan à sa tendre épouse.
« Je crois que tu as raison, de toutes façons je ne suis pas en état de faire quoi que ce soit »

Pendant la journée, Emilya passa du temps sur Internet, cherchant désespérément des informations sur le voyage astral, cette fonction paranormale qui permet de quitter son enveloppe charnelle afin de voyager librement. Elle rechercha aussi des informations sur les druides et s’arrêta sur un fait troublant, il lui semblait reconnaître la phrase enregistrée sur la bande du magnétophone utilisé pendant la nuit.
« Femini dominum e vici malus » se trouvant juste à côté la traduction qui disait « Une femme vaincra le mal » (erratum « vaincu le mal »
Tellement de mystères se dit Emilya, que cache tout ceci ? La réponse était loin d’être évidente…

Ce qu’elle trouva un peu puis loin fut encore plus troublant, un dénommé Victor était sensé être à l’origine de cette phrase, un druide ayant vécu à une époque très reculée, Emilya se dit que ce devait être une grosse blague, comment aurait-on pu rapporter une phrase depuis un temps aussi loin ? Ridicule…
Ridicule ? Pas tant que ça finalement.
Yvan ouvrit la porte, il était accompagné de Pauline qu’il était passé à l’école.
« Tu as finit plus tôt » lui dit sa femme
« Oui j’ai demandé, je voulais passer récupérer la puce à l’école pour la faire rentrer au plus vite, elle est un peu fatiguée de ses nuits alors plutôt que de la laisser revenir par le bus… »
« Tu as eu une excellente idée,
Pauline, dit sa mère veux-tu bien aller dans ta chambre et te mettre à l’aise ? Ton goûter sera prêt quand tu reviendra»
« Oui Maman, j’y vais de suite, mais n’oublie pas de mettre plus de confiture sur mes tartines cette fois» dit-elle en riant
« C’est promis ma chérie, allez file vite, quand à toi mon bel Amour, j’ai quelque chose à te montrer qui va te surprendre »
Yvan se demandait ce qu’elle avait encore bien pu dénicher, et la surprise fût de taille, cela va sans dire. Et ce qui était aussi très surprenant, c’est que la fillette n’avait pas l’air choquée de tout ça, fatiguée, certes, mais pas choquée. Comme si c’était naturel. Elle revint de sa chambre en tenue plus confortable et s’assit à la cuisine pour prendre son goûter.
Une fois fait, elle raconta ce qu’il s’était passé cette nuit :
« Victor est venu me visiter, il est arrivé dans une belle lumière bleue, il était habillé en blanc, sa barbe aussi était blanche, il avait l’air de me demander quelque chose mais je n’ai pas compris ce qu’il me disait, il est reparti tout de suite après, ensuite j’ai fait un beau voyage… »
Sa mère qui l’écoutait si mit à trembler comme une feuille.
« Ca va maman ? Lui demanda t-elle ? »
« Oui oui ma chérie ne t’inquiète pas j’ai juste un peu froid c’est tout, continues ton histoire… »
« J’ai fait un voyage dans une belle forêt, j’étais bien, c’était calme, jusqu’à ce que j’entende une voix me dire : je t’attendais petite fille »
« Etait-ce un homme ou femme ?» questionna son père
« Une femme je crois bien mais avec une vieille voix, elle me disait : je t’attendais petite fille, tu vas venir me voir, suis le sentier qui est devant toi… » « Puis ça s’est arrêté là, après papa m’a réveillé. »
Emilya et Yvan se regardèrent, interloqués, remercièrent Pauline et l’envoyèrent regarder un peu la télévision.
« Tu sais chérie, dit le mari, je crois qu’en effet il existe une relation, je ne sais pas laquelle, mais tu connais notre fille aussi bien moi, elle n’est pas du genre à inventer des histoires comme ça.
-Non tu as raison et c’est bien ce qui me fait peur, tu sais j’ai eu du mal à me remettre de ce que j’ai vu ce matin et…
-Oui je le sais, ça se lit sur ton visage mon Amour, mais on fait quoi ? On continue de la surveiller pendant la nuit ? Le problème c’est qu’on risque de finir dans un état pire que le sien.
-J’en suis consciente, écoute je vais prendre quelque jours de congés, tant pis ils étaient prévus pour nous deux mais ça va trop loin tout ça.
-Tu as raison, je vais tâcher d’en faire autant, de toutes façons si tu prends les tiens, les miens ne me serviront plus à rien, alors autant qu’ils servent à quelque chose maintenant.
-En effet je n’ai pas envie de voir ma fille finir comme ma mère. »

Quelques temps plus tard, dans la chambre, Emilya et Yvan sont installés face à leur fille, attendant que quelques manifestations se produisent, mais il semblerait que leur présence ne soit pas souhaitée. Rien ne bouge, rien ne s’entend, de longues heures défilent…sans résultat.
Un peu avant le matin, alors que tout le monde était endormi dans leur lit et fauteuil respectif, Pauline commença à s’agiter dans son sommeil, psalmodiant en je ne sais quel dialecte ancien, la même phrase que la nuit passée. Ses parents de levèrent d’un bond et s’approchèrent du lit et virent l’incroyable, le double du corps de Pauline était entrain de flotter dans les airs, se dirigeant lentement vers la fenêtre. Emilya, qui avait déjà vu le phénomène, fut naturellement moins surprise que son mari. Celui resta la bouche ouverte et pendante, regardant le pseudo corps qui se tenait allongé, volant à plus d’un mètre du sol. Il se retourna vers sa femme et lui dit :
« On ne peut pas laisser faire ça… ! Il faut l’empêcher !!
- Non il ne vaut mieux pas, laisse faire, j’ai pris des renseignements sur ce sujet, tant que tu ne réveilles pas la personne, tout ira bien.
- Eh bien j’en suis pas sur, est-ce qu’on peut seulement en revenir ?
- Oui tout va bien se passer, et dis-toi que c’est sans doute la seule solution qui nous reste. On ne saura jamais ce qui arrive autrement.
- Ok, ça marche, on laisse faire.
Ils se rassirent, les coudes posés sur les genoux, la tête entre les mains en se regardant. Ils attendirent…attendirent encore…quand soudain Pauline réintégra son corps et se mit à s’agiter de nouveau. Ses parents se ruèrent sur son lit pour vérifier si tout allait bien…ça avait l’air. Sauf qu’elle marmonnait toujours la même phrase :
« Femini dominum e vici malus ».

Une forme humaine se matérialise, saisissant de stupeur le pauvre Victor qui traînait dans les environs « Estrella ? dit le druide est-ce bien toi ?
« Bonjour Monsieur, je m’appelle Pauline, je suis la petite fille d’Estrella  » dit-elle
-Comment est-ce possible ? Je me suis vu dans mon miroir allant visiter Estrella…
-Ma grand-mère est morte voilà quelques temps déjà.
-Je n’ai eu de cesse de lui envoyer un appel au secours, j’ai eu une vision, la lignée de la famille et précisément les femmes, sautant une génération, était touchées par un mal étrange.
-Sans doute la raison pour laquelle je suis ici…Grand-mère n’a peut-être par réussi elle.
-Tu dois être celle qui possède le don le plus fort d’entre toutes
-De quel don parles-tu ?
-De celui qui te permet de voyager dans le temps et d’entrer en communication avec les anciens de la famille, mais le problème est que je ne sais pas d’où provient ce mal.

A ce même moment, Pauline senti une étrange fatigue la prendre d’assaut et son corps astral disparu de la forêt.
-Attends ne pars pas lui cria Victor, non !!!
Mais c’était trop tard…la fillette avait disparu.

Il était déjà presque sept heures du matin quand la fillette ouvrit les yeux, les traits cependant moins fatigués que d’habitude au sortir de sa nuit mouvementée.
La petite fille raconta son rêve à ses parents, ceux-ci étant bien obligés de la croire. Mais tout cela relevait du surnaturel.
Emilya se senti paniquée à l’idée que Pauline subisse le même sort que sa mère et se mit à pleurer.
« Allons Maman ne t’inquiète pas, tu as entendu ce qu’a dit Victor, que j’étais sans doute celle qui pourrait arrêter ce mal.
-Je sais dit sa mère dans un sanglot, je sais mais j’ai tellement peur.
-Chérie tu veux qu’on aille prendre un peu l’air dans le jardin ? je crois que ça te ferait le plus grand bien
-Oui répondit-elle sans sourciller
-Pauline va prendre ta douche s’il te plaît et viens nous rejoindre ensuite.
-Bien Papa »

Yvan n’eut qu’une idée en tête à cet instant précis, brûler le livre, mais il recelait tellement de secrets, ça aurait été dommage se dit-il.
Pourtant cela le démangeait outrageusement.

« J’en ai assez d’attendre dit Emilya, il doit bien y avoir une solution non ?
-Je crois malheureusement qu’il n’y en à pas, où chercher dans ce cas ? »
Pauline s’approcha d’eux mais ne parut pas les voir et passa son chemin.
« -Pauline cria son père, Pauline où vas-tu ?
-Ma chérie revient ici lui dit sa mère, Yvan fait quelque chose elle s’en va !!
Yvan se leva précipitamment et coura chercher sa fille, se mit devant elle et s’abaissa à sa hauteur. Puis... ses larmes se mirent à couler, ils faisaient tous les efforts du monde pour ne pas affoler sa femme qui lui disait :
« Ramène-là Yvan, ramène-la je t’en prie »
Mais Yvan ne bougeait plus, ses yeux étaient rivés sur ceux de sa fille...qui les siens étaient devenus blancs.
Il la secoua tant et plus pour lui faire reprendre conscience, mais elle restait dans un état catatonique, plus de réaction, plus rien...
Emilya accouru et son mari pris la petite dans ses bras, ne voulant pas lui montrer une telle chose.
« Laisse-moi la voir hurla t-elle, laisse-moi !! »
Il la lui présenta. Et l’ambulance arriva aussitôt après.
Le couple demanda à ce qu’on la soigne chez elle, sachant ce dont elle était capable, il valait mieux que ça passe à la maison.
Le problème était non seulement l’état de Pauline mais aussi le fait que ses parents ne savaient plus désormais ce qu’il se passait en elle... ni combien de temps cela aller durer encore.
Cette nuit-là, la fillette reparti dans la forêt, ses parents virent encore son petit corps se déplacer dans les airs et partir pour dieu sait où.
Victor l’attendait, elle apparu dans la seconde où il pensa à elle, comme si c’était lui, inconsciemment qui l’appelait.
« Dieu merci tu es revenue !
-Bonjour Victor, lui dit-elle.

Pauline entendait encore ces bruits qu’elle avait perçu la première fois où elle était venu et demanda :

« Quels sont ces bruits que l’ont entend ?
- Je vais te le dire, il y à un château maléfique un peu plus loin, un combat à mort entre le bien et le mal est entrain de s’y produire.
Ton ancêtre fait en sorte que le mal ne s’abatte plus jamais sur nous.
- Mais c’est toi mon ancêtre non ?
- Tu es bien la digne petite-fille de ta grand-mère, tu es perspicace.
En effet je suis bien ton ancêtre, mais Ilan et Maëli vont avoir un enfant, qui sera aussi ton ancêtre, pour arriver jusqu’à toi, eux ne le savent pas mais moi je sais qu’ils vont avoir une petite fille, une petite fille extraordinaire, avec des pouvoirs bien plus puissants que ses parents réunis, heureusement qu’elle n’aura jamais à s’en servir.
- Comment sont-ils morts ?
- Houlà, quelle question brusque ! Par le mal étrange dont tu es souffrante, et par lequel ta Grand-mère l’était.
- Il faut donc faire cessez cela avant qu’il ne s’en prenne à ma famille.
- Le problème étant que je ne sais pas comment faire lui dit Victor. Mais je sais que toi tu peux... Non non ne pars pas !! ne pars p...
Mais encore une fois, Pauline avait disparu.
Dans son sommeil, Pauline était agitée...ses parents à côté, ne pouvant rien faire, se regardaient d’un air désespéré. Lui passant un gant d’eau fraîche sur le visage.

Une nouvelle nuit, une nouvelle épreuve... et Pauline reparti dans son nouveau monde.
Mais c’est dans le même état que le présent qu’elle apparu à Victor. Il n’en croyait pas ses yeux, ni les siens. Par contre, ici elle pouvait parler, mais elle disait n’importe quoi, mélangeant les mots, les phrases, même le ton et le timbre de sa voix différait.
« Victor il faut faire atten... (Sa voix mua, elle prit une voix vieille et rocailleuse) Je vais revenir pour finir ce que j’ai commencé, et vous tous seraient sous mon pouv... (La voix changea de nouveau) ...attention une menace pèse sur le peuple, elle s’app... (Change encore de voix) Je m’appelle Nélixa, je suis la sorcière la plus puiss... puis Pauline se tût.
Victor s’efforça de comprendre ce qu’il venait de se passer mais...sans succès. Il osa à peine se poser la question : était-elle possédée ? la réponse était plus qu’évidente mais il ne voulait pas l’admettre.
« Tu m’entends lui demanda t-il ?
-Oui Victor je t’entends, (elle venait de reprendre une forme « humaine » je ne sais pas ce qu’il vient de se produire, j’ai senti un mal tellement terrifiant, tellement fort me pousser à dire des choses, mais je ne sais même pas ce que j’ai dit.
Alors Victor lui expliqua du mieux qu’il le pouvait. Les bruits de combat se poursuivaient au loin et Pauline ne se sentait pas bien, elle voulait revenir chez elle mais le temps s’éternisait et aucun voyage dans le temps ne se produisit.
Les parents de Pauline ne purent que constater l’évidente apathie du corps sur le lit, plus de réaction au réveil, il était déjà 10h00 du matin.
Victor allongea la petite fille sur l’herbe, elle pleurait, pleurait sans s’arrêter une seconde, tellement triste. Le sort qui lui était réservé, puis celui du peuple dans le monde duquel elle vivait, ça faisait trop pour elle... beaucoup trop. Elle s’endormi l’espace d’une heure puis se réveilla à la tombée de la nuit.
Victor était assis à ses côtés, tenant le caillou trouvé quelques temps auparavant et jouait avec, il se disait qu’avec la belle couleur qu’il a, il pouvait en faire une poudre à mélanger au papier de son livre pour donner une jolie couleur aux pages.
« Où sommes-nous demanda pauline ?
-Toujours au même endroit.
-Je n’entends plus les bruits de combat
-Je crois que le plus important est entrain de se passer lui dit-il
-Tu sais, toi, ce qu’il se passe exactement ?
-Oui je le sais, Ilan s’apprête à combattre la sorcière

D’un coup, Pauline se jeta sur Victor sans raison et voulu lui arracher la pierre des mains, il tomba à terre sans lâcher sa prise et repoussa Pauline sans lui faire de mal. Elle était de nouveau possédée.
« Donne-moi cette pierre hurla t-elle avec sa voix de sorcière
-Non je ne te la donnerai pas, tu devras me tuer pour l’avoir
-Eh bien c’est ce que je ferai alors !
Elle se jeta de nouveau sur le druide.
Tandis que leur combat commençait, celui d’Ilan était entrain de s’achever, et plus il s’approchait de la fin, plus la force de Pauline augmentait. Le druide,  ayant épuisé toutes ses forces, ne pu plus combattre, il lui remit la pierre et La fillette parti en courant à travers bois.
Il se releva péniblement, tentant de se remettre debout mais n’y arriva pas. Il se laissa donc glisser sur le sol, reprenant son souffle.

Le combat était terminé pour Ilan, il venait de terrasser son adversaire. La seule chose qu’il avait en tête maintenant était de rejoindre sa bien-aimée.
Ayant repris un peu de forces, le druide se mit douloureusement en route vers le château, mais son grand âge l’empêchait de courir, aussi se demandait-il s’il pouvait arrêter la fillette avant qu’elle ne commette l’irréparable. La pierre qu’il avait trouvé avait quelque chose à voir avec tout ça, il ne savait pas encore quoi, mais ce qu’il savait était déjà trop.

Pauline arriva en vue du château, elle prit les marches qui menaient au donjon et arriva enfin à destination. Une voix dans sa tête lui ordonna de poser la pierre en marbre de lune qu’elle possédait, à côté de celle qui appartenait à la sorcière. Elle hésita un long moment avant de se décider.
« Allez lui criait la voix, allez fait ton devoir, et tu verras tout ira bien mieux »
Pauline ne réagissait pas, pas tout de suite du moins...puis elle commença à s’avancer en direction de l’autre moitié de pierre, posée sur la table.
Puis un bruit de pas montant l’escalier se fit entendre... « Dépêche-toi lui ordonna la voix » Pauline, qui tenait le caillou dans sa main, s’avança vers la table...
La porte s’ouvrit dans un fracas en explosant, « Non repose ça petite, repose la pierre maintenant ! »
C’était Ilan, en repartant chercher Maëli, il avait croisé le vieux druide qui lui a expliqué toute l’histoire, en résumant bien entendu.
Ilan s’approcha d’elle et lui toucha le bras, Pauline fut prise d’un sursaut puis resta figée... Une pensée lui échappa, partie, loin, très, loin bien des années en avant, pour pouvoir dire à son père : « Papa, brûle le livre immédiatement, fais-le maintenant, maintenant »
Son père releva la tête d’un bond en criant à sa femme :
« Elle m’a parlé, elle m’a parlé !!
Emilya se tira, non sans mal, d’un sommeil profond et demanda à son mari de répéter ce qu’il venait de dire.
-Elle m’a parlé dit-il !!
-Quoi...comment ça elle t’a parlé ?
-Dans ma tête, je l’ai entendu me dire qu’il fallait brûler ce foutu livre
-eh ben qu’attends-tu ? Vas-y brûle-le allez dépêche !!

Yvan attrapa le livre et se rua dehors pour allumer le BBQ.
Il craqua une allumette qui s’éteignit aussitôt, une deuxième, puis une troisième, une quatrième...

Pauline se remit en mouvement, le bras toujours tenu par la poigne d’Ilan.
Victor, qui venait de finir de monter les marches, se tenait dans l’encadrement de la porte, joignit ses mains et se mit à faire des incantations.
La cinquième allumette s’enflamma enfin pour finir carbonisée dans les morceaux de charbon, Yvan avait aussi pris soin d’enduire le livre avec de l’alcool, qui le fit flamber aussitôt. Pauline s’approcha de la pierre grise malgré la prise d’Ilan, et approcha la main qui tenait l’autre moitié. Le livre n’était plus qu’un tas de charbon, en le touchant, le visage d’une femme, vieille et dégoûtante, se forma sur la couverture du livre. Les deux parties de la pierre se touchaient presque à présent, Ilan fit ce qu’il pu pour empêcher qu’elles ne fusionnent mais Pauline avait trop de force. Le visage sur la couverture disparu et une fumée rouge s’en échappa pour finir dans un pâle nuage se dissipant. Les pierres fusionnèrent, trop tard se dit le vieux druide, c’est trop tard. Puis le miracle se produisit, eu lieu de former une roche grise, elle se transforma en pierre de cristal, aussi brillante et aussi pure que les yeux de la petite fille. Elle s’arrêta soudain puis, reprenant ses esprit demanda à Ilan :
« Qui êtes vous ?
-Je m’appelle Ilan
-Enchantée répondit-elle moi c’est Pauline

Victor pu constater que la fillette avait repris une allure tout à fait normale.
Mais il la vit disparaître sans qu’il eut pu la remercier, « pas grave se dit-il, je viendrai la voir dans son rêve »

Ilan en fut le premier surpris et Victor lui raconta certaines parties de l’histoire. Puis l’envoya rejoindre sa bien-aimée.
Il s’approcha de la roche de cristal et pu voir dedans quelque chose qui ressemblait au futur, Maëli et Ilan, autour du berceau de Amalya, la première petite fille aux pouvoirs enchanteurs.

Quand Pauline ouvrit les yeux, ses parents étaient là, ils attendaient qu’elle se réveille enfin, et quand ce fut fait, ils l’enserrèrent tendrement en la couvrant de baisers, si heureux de l’avoir retrouvé.
Elle leur raconta l’histoire du début jusqu’à la fin, sans en oublier un seul passage, elle leur apprit aussi que la pierre en marbre de lune, retenait la mère de Zénia, la sorcière qu’Ilan avait combattu, prisonnière dans celle-ci, aussi, quand Victor décida de faire le livre avec la poudre, l’âme de la mère se retrouva libre, et essaya de posséder quiconque de la famille, une fille ou une femme, qui toucherait ce livre...
« En fait Papa, on pourrait considérer que tu as brûlé le livre pour rien puisque j’étais là Victor ne l’a pas mélangé à la pierre. Mais si je n’avais pas été là ou si je n’avais pu accomplir ma mission, la malédiction se serait répercutée sur mes petits-enfants.
-Tu as entièrement raison, mais je crois qu’il est très bien là où il est à présent.

-Quand j’y pense dit Emilya, on aurait pu en faire un livre de cette histoire !

FIN
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